<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/"
	>

<channel>
	<title>Chemin Faisant</title>
	<atom:link href="http://chemfaisant.wordpress.com/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://chemfaisant.wordpress.com</link>
	<description></description>
	<lastBuildDate>Mon, 03 Sep 2007 11:15:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.com/</generator>
<cloud domain='chemfaisant.wordpress.com' port='80' path='/?rsscloud=notify' registerProcedure='' protocol='http-post' />
<image>
		<url>http://s2.wp.com/i/buttonw-com.png</url>
		<title>Chemin Faisant</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com</link>
	</image>
	<atom:link rel="search" type="application/opensearchdescription+xml" href="http://chemfaisant.wordpress.com/osd.xml" title="Chemin Faisant" />
	<atom:link rel='hub' href='http://chemfaisant.wordpress.com/?pushpress=hub'/>
		<item>
		<title>Maman est tombée sur la tête</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/maman-est-tombee-sur-la-tete/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/maman-est-tombee-sur-la-tete/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:12:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/maman-est-tombee-sur-la-tete/</guid>
		<description><![CDATA[Ce matin-là, quand Léo se réveilla, le soleil passait déjà à travers les rideaux. Il jeta un coup d’œil à son réveil. 9 heures et demie ! Et c’était un jour d’école. — Maman ! Maman ! Aucune réponse. Il se rua dans la chambre orange. — Maman — cria-t-il, hors d’haleine. Il est tard, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=26&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Ce matin-là, quand Léo se réveilla, le soleil passait déjà à travers les rideaux. Il jeta un coup d’œil à son réveil. 9 heures et demie ! Et c’était un jour d’école.<br />
— Maman ! Maman !<br />
Aucune réponse. Il se rua dans la chambre orange.<br />
— Maman — cria-t-il, hors d’haleine. Il est tard, je vais être en retard !<br />
Mais maman, dans son lit, enfouit la tête sous l’oreiller en grognant. Léo n’en croyait pas ses yeux. Habituellement, c’était lui que l’on tirait du lit.<br />
— J’ai faim ! gémit-il. Quand est-ce qu’on mange ?<br />
— M’en fiche, grogna maman. Regarde dans le frigo.<br />
Léo, en colère, partit dans la cuisine. Il avala un vieux fond de céréales et un verre d’eau en guise de petit déjeuner, ce qui le rendit de très méchante humeur. Maman se leva enfin à 11 heures, bâilla bruyamment et alluma la télévision. C’était « On achète ! », la chaîne du « télé-achat », où l’on pouvait commander des services à raclette, des sèche-cheveux, des bijoux, des appareils à muscle et vraiment n’importe quoi, rien qu’en téléphonant à la télé. Maman disait que c’était un programme archi-crétin et qu’il fallait vraiment être tombé sur la tête pour regarder ces âneries. Mais, ce jour-là, elle regardait en souriant, les yeux ronds comme des soucoupes, les pieds nus sur le canapé. À midi, elle posa une bouteille de ketchup sur la table et deux assiettes.<br />
— Qu’est-ce qu’on mange ? interrogea Léo, plein d’espoir, car avec le ketchup venaient souvent les frites.<br />
— Des tartines de ketchup, répondit maman.<br />
— Avec quoi ?<br />
— C’est tout, dit maman. Du ketchup et du coca.<br />
— Et en dessert ?<br />
— Un beignet décongelé.<br />
— C’est pas très bon pour la santé, murmura Léo, qui se sentit bizarrement tout triste de n’avoir ni entrée, ni plat, ni dessert.<br />
— Et je ne vais pas à l’école ?<br />
— Non, on ne va pas à l’école aujourd’hui. C’est bien ce que tu veux, non ?<br />
Léo se demanda si sa maman n’était pas tombée sur la tête. Il avait envie de hurler : « Emmène-moi à l’école ! Dis-moi de m’habiller, de me brosser les dents ! De finir mon assiette ! » Mais il eut une meilleure idée.<br />
— Je peux regarder la télé ?<br />
— Oui, bien sûr, tout ce que tu veux, dit maman en lui tendant la télécommande. Moi, je vais me recoucher. Léo attrapa la télécommande et ingurgita les dessins animés les plus défendus, les plus violents et les plus idiotes, les plus sanglants et les plus bruyants : « Docteur Niarc-Niarc et ses trente-six monstres puants », « Le Robot japonais assoiffé de sang », « Le Retour de la game-boy tueuse ». Deux heures après, il avait terriblement mal à la tête, et pensa qu’il y avait vraiment un problème. Comment fait-on, se demandait Léo, quand sa maman tombe sur la tête ? Doit-on appeler un médecin ? Hier encore, elle s’était fâchée quand Léo avait refusé d’éteindre la télé. Et voilà qu’aujourd’hui&#8230; elle faisait tout à l’envers !<br />
Quand arriva 7 heures, Léo vit que personne ne l’appelait pour  le bain. Il n’entendait pas couler le filet d’eau, comme d’habitude.<br />
— Tu m’aides, pour le bain ? interrogea-t-il, plein d’espoir.<br />
— Oh non, fit maman, qui avait rallumé la télé. Je regarde mon feuilleton préféré.<br />
— Et pour le dîner ? demanda Léo, en qui montait un début de colère.<br />
— Regarde dans le placard. Il y a certainement des Pepito. Tu pourras les grignoter en butant un verre de coca.<br />
Léo avait envie de sentir les odeurs de gratin, ou même de haricots verts à la vapeur.<br />
— J’en ai marre-marre-marre !! cria-t-il.<br />
Et il s’enferma dans sa chambre pour réfléchir. Que se passait-il ? Il se sentait ballotté à droite, à gauche. Il n’y avait plus une seule règle dans la maison, tout le monde faisait ce qui lui plaisait, il aimait les beignets, les Pepito, et, la veille encore, il avait fait grise mine devant les carottes râpées et le gratin de courgettes. Alors, pourquoi était-il si malheureux ? Pourquoi avait-il envie que maman lui donne des ordres, lui demande d’aller à l’école, de prendre son bain, de manger ses légumes ? Sans son bain, il se sentait sale. C’était une journée atroce-atroce-atroce.<br />
À 9 heures, Léo se brossa les dents et enfila son pyjama. Maman arriva en tenant un livre dans ses mains. Elle demanda d’un ton guilleret :<br />
— Alors, mon chéri ? Comment s’est passée ta journée, aujourd’hui ?<br />
— Affreuse, bougonna Léo. Atroce. Un cauchemar. Tu n’es plus ma maman, et je ne veux plus te voir. Tu es une sorcière.<br />
Maman prit Léo dans ses bras, comme quand il était bébé, et le petit garçon s’enivra de son parfum de violette. Elle semblait être redevenue sa maman. Peut-être était-elle à nouveau tombée sur la tête, ce qui avait annulé le choc précédent ?<br />
— Je suis bien contente, dit maman, que tu aies compris. Personne ne peut vivre sans règle, sans loi, et surtout pas les enfants ! Parfois, les enfants rêvent d’être seuls, sans parents pour leur dire : « Brosse-toi les dents, arrête de regarder la télé, il est l’heure d’aller à l’école, mange tes légumes, tu vas avoir mal au cœur à force de sucer des bonbons. » Et parfois, chuchota-t-elle, les parents rêvent aussi d’un monde où ils n’aient pas à dire et à répéter cela&#8230; Mais c’est impossible. Il faut suivre certaines règles de vie, pour être heureux. Tu sais, si l’école n’existait pas, tu t’ennuierais terriblement à la maison !<br />
Dès le lendemain, quand maman le réveilla, à 7 heures et demie, en lui disant de sa chaude voix : « Debout, mon chéri, c’est l’heure ! », Léo se leva immédiatement. Puis, il gagna la cuisine où une bonne odeur l’accueillit : il y avait des œufs, du jambon, du jus d’orange, un bon bol de lait. « Miam ! Miam ! » pensa-t-il. Ce matin-là, il ne se fit pas prier pour se brosser les dents, ni pour attraper son cartable. Et, quand il rentra de l’école, tu peux me croire, il trouva les haricots verts et le gigot absolument succulents. Il ne demanda même pas de ketchup&#8230;</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/26/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/26/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/26/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/26/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=26&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/maman-est-tombee-sur-la-tete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Mina ne voulait pas grandir</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/mina-ne-voulait-pas-grandir/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/mina-ne-voulait-pas-grandir/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:10:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/mina-ne-voulait-pas-grandir/</guid>
		<description><![CDATA[Au pays des fées, quand les bébés sont devenus grands, ils reçoivent de la part de l’Académie des fées leur première baguette magique. C’est un très grand jour pour ces petites créatures, qui peuvent alors commencer à apprendre les plus beaux tours de magie&#8230; À condition de n’avoir plus ni tétine, ni doudou. À cinq [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=25&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Au pays des fées, quand les bébés sont devenus grands, ils reçoivent de la part de l’Académie des fées leur première baguette magique. C’est un très grand jour pour ces petites créatures, qui peuvent alors commencer à apprendre les plus beaux tours de magie&#8230; À condition de n’avoir plus ni tétine, ni doudou.<br />
À cinq ans, Mina était une minuscule fée, pas plus grande que ton petit doigt. Avec une moue boudeuse et des gros caprices. Mina parlait encore comme un bébé : elle disait « dada » pour cheval, « féfée » pour fée, « baba » pour baguette, et « ze veux » au lieu de « je voudrais »&#8230; Il lui arrivait aussi de devenir toute rouge de colère, elle repliait ses ailes d’un air boudeur, en refusant de faire quoi que ce soit Bref, elle était restée totalement bébé-fée!<br />
— C’est normal, c’est une enfant, disait le roi son papa, qui avait toujours été très indulgent avec Mina, au point de rire, parfois, de ses petites bouderies et de ses petits défauts de prononciation.<br />
Mais ce qui ennuyait le plus la reine-fée, c’était de voir Mina avec sa tétine. Mina continuait à la prendre la nuit, bien sûr, mais aussi le soir, et quand elle se disait fatiguée, et aussi pour dire au revoir à ses parents, et pour dire bonjour à sa nounou-fée, et pour partir à l’école des fées. Et puis, bientôt, aussi, pour aller à table. Et pour prendre son bain. Bref, tous les prétextes étaient bons pour tétouiller cette satanée totoche !<br />
Mina aimait tant sa tétine, qu’elle l’astiquait avec un petit chiffon tous les matins, comme les grandes fées font avec leur baguette. Au fond, elle agissait avec sa tétine comme Aladin avec sa lampe merveilleuse, comme d’autres font avec la poule aux œufs d’or, comme si c’était un vrai trésor.<br />
La maman de Mina, voyant le jour de ses cinq ans arriver, lut dans les grands livres des fées tout ce qu’elle pouvait faire pour supprimer la tétine : le tour de « Saperlipopette, et hop, ouste, la tétinette ! », le tour dit de la « marraine de Cendrillon », qui consistait à changer la tétine en gigantesque citrouille. Le tour de la totoche volante, de la tétine empoisonnée, ou la recette de la tétine à la moutarde.<br />
Mais rien n’y faisait. Mina avait toujours sa tétine, et, comme elle disait « dada », « féfée » et « dodo », on se demandait si cet objet de plastique ne l’empêchait pas de parler comme une grande fée de cinq ans.<br />
Un beau matin de printemps, trois ou quatre jours plus tard, un courrier arriva à la maison de Mina, porté par une petite colombe rose. C’était une jolie lettre enluminée de poudre de fée. Mina baissa la tête et fronça les sourcils et tapa du pied. Elle savait trop bien ce qui l’attendait : on allait lui demander de devenir grande et de jeter sa tétine. De son côté, sa maman applaudit :<br />
— Ma chérie ! C’est aujourd’hui le grand jour ! C’est ta lettre de l’Académie des fées !<br />
La maman de Mina avait des larmes dans les yeux, car il est toujours émouvant de voir grandir sa petite fille-fée. De joie, elle embrassa la colombe rose messagère&#8230; qui se transforma aussitôt en jolie fée Clochette. Quant à la lettre rose, elle se métamorphosa en baguette magique.<br />
— Bonjour, Mina, fit la fée Clochette. Sais-tu que, aujourd’hui, je viens pour t’apporter ta baguette magique ?<br />
— Mmoui, grogna Mina.<br />
— Et tu connais les règles de l’Académie des fées, n’est-ce pas ?<br />
Mina grogna encore « mmoui ».<br />
— Si tu acceptes la baguette magique, tu dois jeter ta tétine. Pas de baguette magique pour les bébés-fées à tétine !<br />
— Je préfère garder ma tétine, déclara Mina d’un ton boudeur.<br />
— Oh, est-ce possible ! Ça alors ! C’est bien la première fois que j’entends ça ! sourit la marraine-fée. Je suis certaine que, si tu demandes aux petites filles du pays des hommes de choisir entre une baguette magique et une tétine, elles n’hésiteraient pas une seconde&#8230; Elles penseraient : « Une tétine n’est même pas magique. Alors qu’avec une baguette&#8230; Je peux obtenir des tas de choses ! » Voilà, ce que penseraient les petites filles.<br />
Mina tapa du pied avec mauvaise humeur.<br />
— Qu’est-ce que je ferais avec ma baguette ?<br />
— Des choses formidables !<br />
Et d’un coup de baguette magique, la fée Clochette fit apparaître devant elle le « Grand Livre des Grandes Œuvres des fées », où étaient répertoriés tous leurs actes les plus magiques :</p>
<p>	Distribuer de gentils sorts à la naissance des nouvelles fées : être intelligente, belle, avoir de très beaux yeux, avoir beaucoup d’esprit…<br />
	Combattre les vilains sorts des fées jalouses, qui n’ont pas été conviées au baptême.<br />
	Transformer une citrouille en carrosse, dans l’objectif de rendre justice à une pauvre orpheline.<br />
	Transformer des cailloux en tartines.<br />
	Faire régner la justice sur terre.<br />
	Recueillir une petite fille qui doit dormir pendant cent ans.</p>
<p>La fée messagère ferma le « Grand Livre des Grandes Œuvres », les yeux brillants.<br />
— Alors, qu’en penses-tu ? Veux-tu conserver ta tétine de bébé-fée, ou obtenir une superbe baguette magique ?<br />
Mina avoua que, finalement, elle préférait la baguette magique à la tétine. Sa maman, très fière, la serra contre son cœur en lui disant :<br />
— Tu es une grande, maintenant ! Comme nous allons nous amuser, toutes les deux, avec nos tours de magie ! C’est ainsi que Mina reçut, de l’Académie des fées, une superbe baguette rose et blanc qu’elle contempla, les yeux brillants.<br />
Depuis ce jour, tu peux me croire, pas une seule seconde elle n’a regretté sa tétine. Car elle s’est aperçue que le plus difficile était de décider une bonne fois pour toutes de la jeter&#8230; et de grandir vraiment !<br />
— Allez, mademoiselle Mina ! dit la marraine-fée. Au travail ! Il ne suffit pas de décider d’être une grande fille pour le devenir. Tu vas apprendre des choses passionnantes dans notre monde.<br />
Et, d’un coup de baguette magique, elle lui ouvrit le « Grand Livre des fées », celui qui permet à toutes les petites filles de devenir des grandes fées de légende.<br />
(Texte remanié)</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/25/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/25/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/25/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/25/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=25&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/mina-ne-voulait-pas-grandir/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Papa est parti</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/papa-est-parti/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/papa-est-parti/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:07:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[questions d'enfants]]></category>
		<category><![CDATA[séparation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/papa-est-parti/</guid>
		<description><![CDATA[Ce matin-là, quand les trois oursons polissons s’éveillèrent de leur nuit brune, ils voulurent, comme tous les jours, faire des roulades, cavalcades et autres cascades, papouilles, papotages et tout le pataquès, sur le dos de papa ours. C’était leur grand jeu à tous : entendre papa « faussement rouspéter » et gronder, en ronflant à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=24&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Ce matin-là, quand les trois oursons polissons s’éveillèrent de leur nuit brune, ils voulurent, comme tous les jours, faire des roulades, cavalcades et autres cascades, papouilles, papotages et tout le pataquès, sur le dos de papa ours.<br />
C’était leur grand jeu à tous : entendre papa « faussement rouspéter » et gronder, en ronflant à moitié, de sa grosse voix d’ours :<br />
— Attendez un peu que je vous attrape, les oursons polissons ! On n’a que le week-end pour dormir, nous, les gros ours.<br />
Et papa ours faisait mine de leur donner une chiquenaude, une gifle et un gros coup de papatte. Les oursons polissons grognaient à gorge déployée, ils se roulaient sur le dos de rire, et ils se chatouillaient les vertèbres.<br />
Mais ce matin-là, quand les trois oursons s’éveillèrent, ils trouvèrent le lit vide et maman déjà debout, regardant tristement par la fenêtre, comme dans l’histoire de Boucle d’or.<br />
Mais ça n’était pas un conte de fées.<br />
— Votre papa est parti, dit maman ours en reniflant.<br />
Et elle s’en fut illico préparer les crêpes au miel.<br />
— Ah ? pensèrent les oursons. Il a dû partir chercher le miel et le journal. Et quelques herbes pour le repas. Et faire les courses de la semaine.<br />
Et… ils l’attendirent toute la journée&#8230; Quand le soir étendit son manteau d’étoiles, ils comprirent que papa ours ne rentrerait pas cette nuit-là. Était-il parti hiberner ailleurs ? En Sibérie ? Là où le miel est plus fleuri ? Les oursons avaient perdu leur polissonnerie, à force de se poser des questions. Peut-être avait-il rencontré une « Boucle d’or » sur son chemin ?<br />
C’est ainsi, chez les ours, qu’on parle des papas qui s’en vont, pour suivre un autre chemin, la Grande Ourse ou une autre.<br />
— Certains partent pour un peu plus de fantaisie, d’autres pour prendre l’air, un bon bol d’air pendant un mois ou deux. Mais personne, jamais, n’est parti à cause d’un ou de deux, ou même de trois oursons polissons, leur répondit aussitôt maman ours.<br />
Même si elle avait envie de dire du mal de papa ours, elle n’en fit rien.<br />
— Il vous aime beaucoup, vous lui manquez terriblement, je le sais, leur dit-elle en les regardant avec ses yeux bruns bordés de rose.<br />
Les jours passaient et passaient, sans repasser.<br />
La vie n’était vraiment plus comme avant dans la tanière. Il n’y avait plus de grosse voix qui vous réveille le matin, ni de grosses pattes qui vous prennent par la main pour aller à l’école. Un papa, quand ça manque, ça manque terriblement. Les poils de barbe mal coupés, les grandes mains carrées, la grosse voix qui gronde, le petit bedon de papa ours, qui s’agitait quand il rigolait, son odeur de tabac, sa manière de bâiller, très fort, en faisant trembler les murs de la tanière, et même les grosses colères et les grosses fâcheries.<br />
Mais les trois oursons auraient tout donné pour recevoir une bonne vieille fessée. Avec les mamans, la vie est pleine de douceur, de tendresse, mais il y manque sans doute un peu de force et de surprise. Personne n’osait le dire, mais tout le monde le pensait. Il arriva un moment où personne ne dit plus rien. Ni même et surtout le mot « papa ». Car il suffisait de prononcer un mot et même une seule syllabe en « pa », pour que, aussitôt, le bord des yeux de maman ours se mette à rosir dangereusement<br />
Alors, bien sûr, on arrêta de parler de « pas », de « papa », de « grand-papa ». Ces jours-ci, on ne dit plus grand-chose. On ne disait plus « papillon », ni « papounet », ni « patouille », ni « papatte », ni « patate », ni « papouilles », ni « pataquès ». Ni « paradoxe », ni « paragraphe », encore moins « passé » : quand on y pense, qu’est-ce qu’il y en a, des mots qui commencent par « pa » ! C’était toute une partie du dictionnaire, qu’on ne prononçait plus dans la tanière.<br />
À force d’attendre, d’attendre, le visage de papa ours se brouilla dans les yeux des oursons polissons. Dans leurs rêves, il se transformait en Peter Pan, en Roi Lion, en beaucoup d’autres personnages. Mais la tête de papa ours qui gronde s’effaçait peu à peu.<br />
Un jour, pourtant, à force d’attendre, une lettre arriva dans la boîte aux lettres des oursons polissons. C’était bien, bien longtemps après cette aventure, tellement longtemps qu’un autre papa ours était venu vivre à la maison, que les oursons avaient retrouvé leur polissonnerie légendaire, et que maman ours n’avait plus jamais le bord des paupières roses.<br />
— Les oursons ! Venez vite ! Une lettre de votre papa ! cria maman ours, qui savait bien l’attachement des trois oursons pour leur père.</p>
<p style="text-align:justify;line-height:180%;"><em>Mes trois oursons chéris, écrivait papa ours. Vous me manquez terriblement. Je viendrai vous voir samedi, j’espère que vous me pardonnerez. Je viens simplement pour vous voir, pour vous faire des patouilles, des papouilles, des patates frites au paprika et tout le pataquès. Attendez-moi, je serai là samedi matin.<br />
</em></p>
<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Tu aurais vu la joie des trois oursons polissons ! Car eux, ils savaient que, même si papa ours n’allait plus habiter dans la tanière, l’amour entre un papa et ses oursons polissons, ça dure toute la vie : toute une vie de papouilles, patouilles, papillons à attraper, passé à rattraper, papotages et tout le pataquès !</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/24/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/24/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/24/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/24/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=24&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/papa-est-parti/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Petit Pierre rencontre la Dame aux Histoires</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/petit-pierre-rencontre-la-dame-aux-histoires/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/petit-pierre-rencontre-la-dame-aux-histoires/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:05:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[lecture]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[questions d'enfants]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/petit-pierre-rencontre-la-dame-aux-histoires/</guid>
		<description><![CDATA[Petit Pierre habitait avec ses parents, son chat Alphonse et son lapin blanc, dans une jolie maison en ardoise. C’était un petit garçon « presque » comme les autres&#8230;, sauf qu’il n’arrêtait pas de poser des questions. Il en avait cent à l’heure, dix à la minute ! Tout petit déjà, avant de savoir parler, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=23&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Petit Pierre habitait avec ses parents, son chat Alphonse et son lapin blanc, dans une jolie maison en ardoise. C’était un petit garçon « presque » comme les autres&#8230;, sauf qu’il n’arrêtait pas de poser des questions. Il en avait cent à l’heure, dix à la minute ! Tout petit déjà, avant de savoir parler, il montrait du doigt quelque chose d’un air interrogatif et, quand la réponse tardait, il hurlait et devenait tout rouge.<br />
« Et pourquoi le chocolat est-il marron ? Et pourquoi les lapins n’aiment-ils pas le chocolat ? Et pourquoi le sucre est-il sucré ? Et comment fait-on le sucre ? Et pourquoi dit-on que les Martiens sont verts, alors qu’on ne les a jamais vus ? » Ses parents levaient les yeux au ciel pour y chercher une solution, mais aucune réponse ne venait.<br />
Plus Petit Pierre grandit, plus ils se grattaient la tête, car, avec l’âge, les questions deviennent toujours plus compliquées. C’était, par exemple : « D’où viennent les maladies ? Pourquoi les vieux finissent-ils par mourir ? Et pourquoi suis-je moi, et pas Robin des Bois ? Et où j’étais, avant de naître ? » C’étaient des réponses qui exigeaient un peu plus de temps, et quand les parents sont occupés à changer une roue de voiture ou à préparer le dîner, c’est difficile pour eux de répondre.<br />
Quand il posait certaines questions (celles sur les bébés, sur les maladies, sur la mort, par exemple), maman hochait la tête et répondait :<br />
― Hum&#8230; C’est une question bien délicate, mon fils. Laisse-moi un petit moment pour y réfléchir, veux-tu ?<br />
Et systématiquement, peut-être parce qu’elle avait oublié, mais peut-être aussi parce qu’elle ne savait pas comment tourner les phrases, la maman de Petit Pierre restait muette.<br />
Il y a un âge où, à force de ne pas obtenir de réponses, vous ne posez plus de questions. C’est pourquoi le jour où Petit Pierre trouva Lapinou blanc raide mort dans sa cage, il n’osa pas interroger sa maman, craignant de la plonger dans l’embarras. Sans doute, pensait-il, parce que certains mots comme « mort, malade, faire des bébés » sont des gros mots. Alors, le petit garçon enterra son lapin en silence, et sa question par-dessus.<br />
Il se réfugia dans le jardin, dans sa petite tente à lui tout seul, comme font souvent les enfants uniques, et il réfléchit à la vie, à l’existence, et tout ça fit un petit nuage noir qui se promena dans sa tête. Il fut un peu triste, il eut un peu froid. Il ne savait pas que ça s’appelait « la solitude ».<br />
Un jour, en plein après-midi, alors qu’il était encore réfugié dans sa tente, Petit Petit Pierre entendit une voix très douce. Il vit une dame, avec des yeux profonds et noirs, qui l’observait en souriant. Il aurait tout aussi bien pu la rencontrer dans le grenier, parmi les vieilleries, dans une brocante. Dans le ciel, pendant un baptême de l’air en hélicoptère, pendant une partie de pêche ou un concert de musique.<br />
― Bonjour, Petit Petit Pierre, lui dit la dame. Sais-tu qui je suis ? Je suis la dame aux histoires.<br />
― La dame aux histoires ?<br />
― Je viens voir les petits garçons comme toi, qui ont un nuage noir dans le cœur. Pour leur dire que certaines histoires, dans les livres, peuvent donner des réponses.<br />
― Des réponses à toutes MES questions ? demanda Petit Petit Pierre en écarquillant les yeux.<br />
La dame aux histoires hésita :<br />
― Tu n’y trouveras pas forcément TOUTES les réponses, mais certainement TOUTES tes questions. Tu verras, en lisant, que d’autres les partagent avec toi. C’est pourquoi les livres sont faits pour les petits curieux, ceux qui ont des milliards de questions et qui en plus veulent vivre plusieurs vies en même temps. Tu peux être à la fois Robin des Bois, Peter Pan, sans avoir d’autorisation spéciale ! Et le plus merveilleux, dans les livres, c’est que tu apprendras à vivre, à respirer, à goûter, à jouer&#8230; À faire beaucoup de choses que tu ne connaissais pas ! Simplement avec quelques mots, du papier, et beaucoup d’imagination&#8230;<br />
Elle lui tendit un livre, qu’il attrapa goulûment. À mesure qu’il lisait, son petit nuage noir disparaissait, et il se sentait si léger qu’il eut envie de chanter. Le vent dans les arbres chuchotait :<br />
« Lis, lis&#8230; C’est si bon, de lire. » Et les oiseaux se groupaient dans leur nid pour le regarder savourer son livre.<br />
Pendant qu’il le feuilletait, Petit Petit Pierre crut entendre les chuchotements de petits gnomes, qui tournaient les pages avec lui. En réalité, il n’était plus du tout dans le jardin. Il n’était plus dans la cabane. Il aurait pu tout aussi bien être dans un avion, dans un bateau, dans un château, avec le roi Arthur.<br />
Il était tout cela à la fois, il ressentait des choses qu’il n’avait jamais vécues auparavant. Le goût de la mer sur les lèvres, alors qu’il n’avait jamais vu la mer, la saveur d’un gâteau au citron, alors qu’il n’y avait jamais goûté, le cœur qui fait des bonds dans la poitrine quand on est amoureux, alors qu’il détestait les filles ! Il leva les yeux du livre, pour demander à la dame aux histoires comment de simples pages, de l’encre et du papier, et peut-être aussi de l’imagination, pouvaient avoir cet effet-là.<br />
Mais la dame aux histoires avait déjà disparu. Dans le lointain, il entendit sa douce voix lui dire (mais peut-être était-ce le chuchotement du vent dans les arbres ?) :<br />
― Petit Petit Pierre, je reviendrai. Il existe des centaines de milliers, de milliards de livres !<br />
Le nuage condensé de questions, tout noir, s’était envolé. À la place, il y avait un petit nuage transparent, plein du désir de lire les milliers et les milliards de livres du monde entier. Depuis ce jour, Petit Petit Pierre ne se sentit plus jamais écrasé par ses questions, dès qu’il avait un peu froid, et qu’il se sentait un peu seul, un peu chagrin, il attrapait un livre et, chaque fois, la magie recommençait.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/23/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/23/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/23/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/23/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=23&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/petit-pierre-rencontre-la-dame-aux-histoires/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Les sirènes n’aiment pas les disputes</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-sirenes-n%e2%80%99aiment-pas-les-disputes/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-sirenes-n%e2%80%99aiment-pas-les-disputes/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:02:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[séparation]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-sirenes-n%e2%80%99aiment-pas-les-disputes/</guid>
		<description><![CDATA[Tous les enfants craignent les chatouilles, et les disputes. Les enfants-fées, les enfants-sorcières, les petites princesses et, surtout, les petites sirènes. Si les sirènes détestent tant entendre les parents se chamailler, c’est parce que l’eau transmet les sons cinq fois plus vite que l’air, et cinq fois plus fort. C’est pourquoi une scène de ménage, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=22&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Tous les enfants craignent les chatouilles, et les disputes. Les enfants-fées, les enfants-sorcières, les petites princesses et, surtout, les petites sirènes.<br />
Si les sirènes détestent tant entendre les parents se chamailler, c’est parce que l’eau transmet les sons cinq fois plus vite que l’air, et cinq fois plus fort. C’est pourquoi une scène de ménage, une simple dispute se transforment chez elles en cauchemar aquatique.<br />
Dans la famille d’Emma la sirène, les disputes commençaient toujours ainsi :<br />
— Répète un peu ce que tu viens de dire !<br />
— Pour qui te prends-tu à la fin ?<br />
— Ah mais, ça ne va pas recommencer ?<br />
— Ça va pas la tête !!<br />
Et hop, après quelques éclats de bulles, l’eau se mettait à bouillonner, bouillonner, et&#8230; la tempête éclatait !<br />
Quand la mer bouillonnait ainsi, Emma voyait soudain tout flou. Ses parents lui apparaissaient déformés, grimaçants, horribles, à cause de l’eau qui bougeait. C’était moche-moche-moche.<br />
Alors, le cœur d’Emma se transformait en glaçon. Elle mettait ses mains sur ses deux oreilles et remerciait le ciel de lui avoir donné deux mains, et non pas deux nageoires. Mais même en bouchant ses oreilles, elle entendait encore : « Je te déteste, je te déteste, je ne veux plus te voir. »<br />
Ces disputes étaient de vraies catastrophes écologiques. Dès qu’elles démarraient, les bancs de petits poissons multicolores se mettaient à fuir à l’autre bout de la mer, comme poursuivis par un requin. Les oursins s’immobilisaient, les anémones de mer déversaient leur poison en silence, et les pieuvres crachaient de longs jets d’encre noire.<br />
« Comment est-il possible, pensait Emma, que des grandes personnes, avec deux bras, une queue de sirène et un cerveau de sirène, hurlent dans l’eau comme de vrais bébés ? » Et elle pensait à tous les parents-sirènes divorcés, qui partent vivent loin l’un de l’autre, l’un dans la mer Adriatique, l’autre dans l’océan Atlantique.<br />
Elle se disait : « Ma maman m’a fabriquée dans son ventre, parce qu’elle aimait mon papa. Mais si je suis née de leur amour, je peux tout autant disparaître ! »<br />
C’était bien sûr un peu excessif, mais pourtant très logique dans la tête une petite sirène. D’ailleurs, elle entendait ses parents se déchirer, elle avait l’impression d’entendre son cœur se briser, comme de la glace pilée. Car les petites sirènes ne sont pas des poissons comme les autres. Mais ce sont de vraies petites filles fragiles, avec un cœur et beaucoup d’imagination.<br />
Que pouvait-elle donc faire ? Elle avait entendu parler d’une autre sirène qui avait échangé sa queue contre une paire de jambes. « Des jambes me seraient fort utiles, pour fuir sur terre, loin des cris des adultes », songeait-elle.<br />
Pour ne pas mourir de tous ces bruits, Emma partait, loin de ces étendues d’eau hurlante, loin de ces visages grimaçants, loin de ces tempêtes aquatiques, dans des forêts d’algues labyrinthiques. Elle allait aussi loin que possible, jusque dans les abysses, là où le silence des profondeurs est plus fort que tous les cris du monde.<br />
Emma s’enfermait dans un coquillage géant, jusqu’au moment où elle n’entendait plus rien, ni la plus petite gouttelette, ni le frétillement d’une nageoire de poisson, rien que les battements de son cœur à elle.<br />
Et quand, le soir, on s’apercevait qu’elle avait disparu, son papa et sa maman et toutes ses sœurs sirènes la cherchaient loin, très loin, dans les eaux douces, les eaux chaudes, en ouvrant les algues de leurs deux mains, en fouillant une à une les anémones de mer, en frappant doucement à la porte des coquillages : — Emma, tu es là ?<br />
Le cœur affolé, ils pensaient qu’elle avait disparu à tout jamais. Car c’est le risque. Dans les abysses, au plus profond de la mer la plus profonde, une petite sirène, même expérimentée, peut très bien perdre le nord.<br />
Et ses parents s’interrogeaient : peut-être s’était-elle échouée sur la terre ? Ou jetée dans la gueule d’un requin ? Enfin, quand ils la voyaient, repliée dans sa conque, les mains sur les oreilles, ils la prenaient dans leurs bras, très doucement, pour la remonter jusque dans leur maison. Ils avaient honte, tu peux me croire. Et ils lui disaient :<br />
— Pardonne-nous, tu sais, nous sommes deux grands idiots. Mais on est réconciliés. On te jure !<br />
Et Emma revenait d’un coup de queue revigorée à la maison. Elle pensait : « Le monde a failli s’écrouler, j’ai bien cru que vous alliez tuer tous les petits poissons avec vos cris horribles. »<br />
Plus elle grandit, plus la petite sirène comprit que la vie, la fatigue, l’énervement, les petites choses de tous les jours, une goutte d’eau qui tombe en continu sur un rocher, enfin trois fois rien, peuvent déclencher d’aussi grands cris.<br />
Quand elle fut tout à fait grande, elle souriait en les écoutant, car elle savait qu’il n’y avait plus rien à craindre. Que son cœur n’allait pas geler, ni se transformer en glace pilée.<br />
Et, en les écoutant, elle se disait : « Tout à l’heure, vous me direz que vous ne vous disputerez plus jamais. Et je ferai semblant de vous croire ! Car moi, je sais bien que vous crierez encore, parce que c’est difficile de vivre dans la même eau sans se disputer. Mais je sais aussi que le monde ne s’écroulera pas pour autant. »</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/22/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/22/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/22/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/22/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=22&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-sirenes-n%e2%80%99aiment-pas-les-disputes/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Les questions de Apolline</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-questions-de-apolline/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-questions-de-apolline/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 11:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>
		<category><![CDATA[questions d'enfants]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-questions-de-apolline/</guid>
		<description><![CDATA[Apolline était infiniment curieuse. Le premier mot qu’elle avait prononcé n’était ni « papa », ni « gâteau » mais « pourquoi ». Et pourquoi les nuages sont-ils blancs ? Et pourquoi les poissons rouges ? Jusque-là, ça allait encore. Mais les questions changent avec l’âge. Un jour elle se demanda qui était ce Dieu [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=21&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Apolline était infiniment curieuse. Le premier mot qu’elle avait prononcé n’était ni « papa », ni « gâteau » mais « pourquoi ». Et pourquoi les nuages sont-ils blancs ? Et pourquoi les poissons rouges ? Jusque-là, ça allait encore. Mais les questions changent avec l’âge. Un jour elle se demanda qui était ce Dieu dont on parlait tant.<br />
— Dieu, c’est comme un grand-papa, avec une barbe blanche.<br />
— Mais ça n’est pas un Père Noël. Dieu a créé le monde, et nous avec, Dieu habite dans le ciel. Voilà, ma chérie, répondit sa maman.<br />
— Ah bon ? Et quand il était petit, où habitait-il ? Il a bien dû aller à l’école, du moins à partir de six ans ?<br />
Maman soupirait très fort :<br />
— Ma chérie, Dieu n’a jamais été petit, il a toujours été très grand et très bon. Et grâce à lui, nous sommes grands et bons.<br />
— Mais dans ce cas, demanda Apolline, pourquoi est-ce qu’on m’a volé mon vélo, dimanche dernier ? Hein, maman ?<br />
La maman d’Apolline soupira en hochant la tête.<br />
— C’est vrai. Dieu n’empêche ni les tremblements de terre, ni les vols de vélo, ni les bagarres dans les cours de récréation. Dieu ne peut pas empêcher que les hommes s’entre-tuent, c’est comme ça. Maintenant, laisse-moi travailler, s’il te plaît.<br />
C’était bien la première fois qu’Apolline était renvoyée à ses questions. Elle se planta au beau milieu de sa chambre, les poings sur les hanches.<br />
— Dieu, si tu existes, fais apparaître tout de suite un gâteau au chocolat avec des pépites dedans. Tout de suite !<br />
Mais rien ne bougea. Evidemment.<br />
— Allez, je suis sympa&#8230; Disons&#8230; une sucette. Une Chupa-Chups au Coca-Cola.<br />
Elle ferma les yeux très fort et les ouvrit.<br />
— Fais un tout petit miracle, que je croie en toi !<br />
Mais, bien sûr, ni sucette ni Chupa-Chups ne descendirent du ciel.<br />
Le lendemain, à l’école, Apolline posa la question à Clara, à Henri, à James.<br />
— Ma maman dit que Dieu n’existe pas. Moi, je crois que Dieu, c’est le Père Noël, répondit James, ils ont tous les deux une grande barbe blanche, et on ne les voit jamais. C’est simplement que, le jour de Noël, il descend sur terre dans un habit rouge.<br />
Clara lui dit :<br />
— Mon papa m’a dit qu’il y a des tas et des tas de dieux ! Il y a le dieu du vent, le dieu de la pluie, le dieu des blés, et tout ça.<br />
Et Henri lui dit :<br />
— Ma maman pense que Dieu se cache tout le temps. Il est invisible, et pour le trouver, il faut aller loin, très loin&#8230; dans le désert, dans le ciel. Ou en forêt.<br />
Toutes ces explications semblaient tenir debout, ce qui compliquait encore les choses. Apolline prépara son petit sac. « Henri a raison : tout se passe dans les forêts, réfléchit-elle. C’est là que le Petit Chaperon rouge a rencontré le loup ; c’est là que Boucle d’or a vu les trois ours. Moi, je vais y rencontrer Dieu. » Et ainsi Apolline s’enfonça profondément dans la forêt Elle marcha pendant des kilomètres et des kilomètres, avant de rencontrer qui que ce soit. Enfin, devant elle, elle croisa un petit pinson qui sautillait gaiement.<br />
— Bonjour, le pinson ! Je cherche Dieu ! dit Apolline.<br />
— Dieu, c’est le printemps, les nids, les brindilles, les petits vers, et un peu de soleil en prime, dit le petit pinson en voletant à tire-d’aile. Allez, salut !<br />
Apolline soupira et hocha la tête. Ça, c’était bien une réponse de pinson&#8230; Elle reprit courageusement sa marche. Après quelques centaines de mètres, un lapin gris détala devant elle. Apolline lui cria sa question :<br />
— Tu n’aurais pas vu Dieu, par hasard ?<br />
Le lapin s’arrêta tout net et lissa ses moustaches d’un air triste.<br />
— Il y a encore quelques mois, je t’aurais dit qu’il était là, loin des balles et des fusils. Mais ma maman s’est fait tuer par un chasseur dimanche dernier. Alors, à quoi bon avoir un Dieu, s’il vous permet de vous faire tuer ?<br />
— C’est vrai, dit Apolline. Nous aussi, on a des tremblements de terre, et des catastrophes, et des famines&#8230; Et moi aussi, dimanche dernier, je me suis fait voler&#8230;<br />
Mais le lapin avait déjà détalé.<br />
Le jour commençait à baisser, et Apolline avait très faim et soif. La question faisait un énorme creux et des zigzags au fond de son ventre. Et, en regrettant sa petite chambre bien douillette, mais pleine de questions, c’est alors qu’elle le vit… Non pas Dieu, mais un minuscule petit troll doté d’une crinière bleu roi, qui faisait un petit halo dans la nuit noire. Apolline s’agenouilla par terre, prit sa plus petite voix, car elle savait que les trolls disparaissent parfois en un clin d’œil, quand ils sont effarouchés.<br />
— Dis-moi, petit troll… Je voudrais voir Dieu, lui demander s’il nous aime, ou s’il se fiche de nous, dit Apolline. Sais-tu où je peux le trouver ?<br />
— Oh, oh, répondit le troll de sa minuscule voix, je suis désolé, ma grande fille, mais il est impossible de voir Dieu. Et tu sais pourquoi ?<br />
— Non ! dit Apolline.<br />
— Dieu est un grand timide, qui se cache un peu partout. Dieu est dans le soleil, au-dessus des peupliers, tout chaud, tout rond. Il est dans le parfum des feuilles, dans le printemps qui retient après l’hiver, dans le nuage rose qui se couche, très loin, dans la musique, si belle et si triste qu’elle te fait monter les larmes aux yeux. Quand tu es amoureuse et quand tu lis un livre formidable qui te remue tout entière, Dieu est là aussi.<br />
Et le petit troll hocha la tête.<br />
— Tu ne trouveras pas Dieu dans le bruit, tu ne le trouveras pas si tu cours trop vite, si tu ris trop bruyamment, et peut-être pas non plus si tu le cherches trop fort. Moi, parfois, quand je reste assis, comme ça, le nez au vent, le visage dans le soleil, et bien j’entends et je vois Dieu, même si j’ai les yeux fermés.<br />
Apolline ne disait plus rien, mais elle pensait : « Moi aussi », et le troll regarda Apolline en mettant le doigt sur sa bouche.<br />
— Maintenant, petite fille, rentre vite chez toi ! Il ne faut pas non plus tout expliquer, ni tout analyser. Sinon, Dieu s’en va aussi vite qu’il est venu. Non seulement il est timide, mais il déteste les explications.<br />
Apolline salua le troll et le remercia énormément.<br />
Et repartit avec un peu moins de curiosité, et beaucoup plus d’émotion dans la gorge.<br />
Quand elle rentra chez elle, elle se mit au piano. Et elle joua, longtemps, jusqu’à en avoir les larmes aux yeux. Et c’était bien la première fois que cela se produisait. C’était un petit miracle, et beaucoup mieux qu’une sucette au coca ! Pour le pinson, c’était le printemps ; pour le lapin, c’était le silence.<br />
— Moi, mon Dieu à moi, c’est la musique, décréta-t-elle.<br />
Plus tard, Apolline devint une pianiste, ce qui, bizarrement, diminua un peu sa curiosité.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/21/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/21/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/21/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/21/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=21&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-questions-de-apolline/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Les Petits Rats de l’Opéra</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-petits-rats-de-l%e2%80%99opera/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-petits-rats-de-l%e2%80%99opera/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 10:57:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[mort]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-petits-rats-de-l%e2%80%99opera/</guid>
		<description><![CDATA[C’était une famille de petits rats, qui vivait dans un grenier, à Paris. Pas n’importe lequel : c’était celui de l’Opéra ! Les rats sont, dit-on, extrêmement intelligents, mais on ne dit pas suffisamment à quel point ils ont l’oreille musicale. Ces petits rats avaient élu domicile ici, parce qu’ils pouvaient entendre la musique à [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=20&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">C’était une famille de petits rats, qui vivait dans un grenier, à Paris. Pas n’importe lequel : c’était celui de l’Opéra ! Les rats sont, dit-on, extrêmement intelligents, mais on ne dit pas suffisamment à quel point ils ont l’oreille musicale. Ces petits rats avaient élu domicile ici, parce qu’ils pouvaient entendre la musique à travers une bouche d’aération. Comme ils étaient heureux, à écouter leurs airs favoris, les mains jointes comme pour une prière !<br />
Il y avait là papa, maman, les grands-parents et les deux petites filles. Pour chaque première d’un spectacle, ils s’habillaient d’un frac ou d’une longue robe blanche. Les deux petites filles, Elsa et Elsie, s’étaient taillé un tutu rose dans un vieux morceau de tulle oublié. Et elles faisaient des pointes sur la musique de « Casse-Noisette ». Elles rêvaient qu’elles seraient danseuses, et même danseuses étoiles.<br />
Dans la famille rats, on ne parlait pas beaucoup. Les rats sont très pudiques, c’est sans doute pour cela qu’ils aiment la musique. Ils croisaient leurs mains, fermaient les yeux, écoutaient en silence, des étoiles plein les yeux. Si on leur avait posé une question, ils auraient répondu :<br />
— Chut ! Il faut laisser la musique parler à notre place.<br />
Et voilà tout.<br />
Ils laissaient la musique parler pour eux.<br />
La vie s’écoulait ainsi, comme une longue phrase musicale. Mais la vie n’est pas toujours tendre, et surtout ne me demande pas pourquoi. Parfois, un bémol, une croche, vient vous faire un croche-patte. Ça s’appelle un accident.<br />
Le jour de ses quatre ans, tout occupée à faire ses pointes, Elsa n’avait pas vu arriver Verdi, le chat du chef d’orchestre. Il ne fit d’elle qu’une bouchée, clic-clac, en affûtant ses dents. Et c’en fut fait de la danseuse étoile. Elle aurait pu tout aussi bien se noyer, attraper une maladie dont les rats ne réchappent pas. C’est ce qu’on appelle un drame, et qui agit en deux coups de dents. Bien sûr, pas de quoi s’inquiéter. Il y a une chance sur des milliards pour que cela se produise, et les petits rats, même ceux de quatre ans, ont en eux tout ce qu’il faut pour se défendre contre le destin.<br />
Mais quand la mort s’abat dans une famille, et même une famille de rats, c’est un terrible malheur. Surtout quand il s’appelle Elsa et qu’il a quatre ans. Les parents pensaient : « Jamais nous ne pourrons oublier », Elsie pensait : « Pourquoi elle ? Et pas moi ? » Le plus terrible, c’était pour les grands-parents. « Comment est-ce possible ? pensait la grand-mère aux cheveux gris. La mort s’est trompée. C’était à nous de partir en premier. C’est elle qui est morte. »<br />
C’était un sacré bémol dans le cœur, un ruisseau de larmes, un silence, une pause, une cacophonie, tout à l’intérieur. Il n’y avait rien d’autre à en dire, sauf que la musique avait changé de camp. Elle n’était plus du côté du rêve, ou du bonheur, mais du terrible malheur. Car la musique s’y entend aussi en matière de tristesse et de nostalgie.<br />
Voilà soudain nos petits rats incapables d’écouter une seule note. Parce qu’elle chavirait les cœurs et leur rappelait la petite sœur. Ils se mirent à la détester, cette musique qui les avait enchantés et qui leur rappelait tant leur petite danseuse.<br />
Chaque note leur déchirait le cœur. Alors, en silence, ils bouchèrent la grille d’aération du grenier, ils glissèrent du coton dans leurs oreilles, ils firent, eux aussi, les morts. C’est ce qu’on appelle le deuil.<br />
Parfois, les larmes coulaient, malgré eux. Ils les essuyaient, furtivement, en rouspétant :<br />
— Ah là là, quelle poussière, dans ce grenier ! Il faudra bien un jour se décider à nettoyer.<br />
Et puis, un jour, quelques longues semaines après, Elsie, en collant son oreille très très fort sur le parquet, entendit les premières mesures de « Casse-Noisette ». C’était le morceau préféré d’Elsa. Quelque chose se remit à vibrer en elle, comme un violon sorti du placard après de longues, longues années. C’était curieux, la musique avait cessé d’être triste. Elsie se remit à faire des pointes.<br />
À partir de ce jour, ils débouchèrent les trous d’aération et se remirent à écouter en silence cette musique si belle, et qui venait de si loin, des profondeurs du monde, et peut-être du cœur d’Elsa. Ils l’écoutaient, les mains jointes, les yeux fermés, avec encore plus d’amour qu’avant.<br />
Ils l’entendaient rire, ils danser et  tourner sur ses pointes ! « Je sais maintenant  pourquoi j’aime tant la musique, pensa le papa. La musique agrandit l’univers. C’est grâce à elle que l’on est transporté ailleurs. Très loin. Dans un endroit où, peut-être, Dieu existe. Avec Elsa. » Mais il se tut.<br />
La maman pensait : « La musique nous parle d’un endroit, où sont Dieu et tous les disparus. C’est un endroit qui n’est pas sur la Terre, mais plutôt dans le ciel. C’est pourquoi elle est si belle ! » Mais elle se tut. Et Elsie pensait : « C’est comme un album-photos. Il suffit que j’écoute quelques notes pour voir Elsa devant mes yeux. Je pense encore plus à elle ! » Mais elle se tut.<br />
— Moi, dit tout haut mamie Rat, je l’entends, notre Elsa. Je l’entends rire à travers les notes, je la vois tourner dans son tutu rose. Écoutez ! C’est comme si elle était là&#8230; Grand-mère rat ne s’aperçut pas qu’elle avait parlé tout haut. C’était la première fois que le nom d’Elsa était prononcé. Ses paroles résonnèrent comme dans une cathédrale.<br />
À ces mots, maman essuya furtivement une larme, avec le coin de son petit tablier.<br />
— Encore une poussière dans l’œil, grommela-t-elle. Ah là là ! Qui donc se décidera, un de ces jours, à nettoyer le grenier ?<br />
Quant au gros matou, bourrelé de remords, il en avait gros sur le cœur. Il tourna les talons en pensant : « Tant pis pour les rats, ils sont ma foi trop indigestes et bien trop intelligents. »<br />
Et il s’enfuit à jamais du grenier de l’Opéra pour s’occuper&#8230; des poissons rouges !<br />
(Texte remanié)</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/20/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/20/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/20/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/20/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=20&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-petits-rats-de-l%e2%80%99opera/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Les mots rose et les mots gris</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/19/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/19/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 10:55:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/19/</guid>
		<description><![CDATA[Un jour, on ne sut trop pourquoi cela arriva brutalement, les mots roses disparurent de la planète. Les mots roses ? Ce sont les mots gentils, « Merci », « Après toi », « Je t’en prie », « Tu comptes tellement pour moi ». Des mots si sucrés qu’ils sont comme des fils de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=19&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Un jour, on ne sut trop pourquoi cela arriva brutalement, les mots roses disparurent de la planète.<br />
Les mots roses ? Ce sont les mots gentils, « Merci », « Après toi », « Je t’en prie », « Tu comptes tellement pour moi ». Des mots si sucrés qu’ils sont comme des fils de barbe à papa dans le cœur.<br />
Était-ce l’œuvre du Magicien Gris qui n’aimait que le salé, le piquant, l’amer ? Non&#8230; C’étaient les hommes qui préféraient, va savoir pourquoi, les mots piquants, amers, salés !<br />
À cette époque, sur la Terre, il y avait des boutiques de mots roses et de mots gris. Les marchands de mots roses vendaient des « Je t’aime », « Je pense à toi », « Merci beaucoup », « S’il te plaît », « Après toi, je t’en prie »… Pour les marchands de mots gris c’était plutôt « Crotte de bique », « Face de rat crevé », « Pue-du-bec » Au début, on acheta beaucoup plus de mots roses que de mots gris. Les marchands de mots roses faisaient des affaires, et la Terre embaumait une délicieuse odeur de barbe à papa. Les marchands de mots gris se morfondaient, car on venait chez eux qu’une ou deux fois par an, pour les grandes brouilles.<br />
Pourtant, un jour, curieusement, les hommes se mirent à acheter des mots gris. Il y avait la crise de l’emploi, la grève des cœurs. Les patrons achetaient beaucoup de « Allez vous faire voir ailleurs, vous êtes viré, mon vieux », « Merci pour ce que vous avez fait, mais prenez la porte ». Il y avait les guerres entre les familles, les divorces, les couples qui ne s’entendaient plus. La jalousie entre frères, les bouderies&#8230; On achetait des « Je ne t’aime plus », des « C’est fini ». Dans les magasins de mots roses, il y avait des invendus de « Merci », de « S’il te plaît », « Je t’en prie », « Je t’aime »…<br />
— Au diable les mots doux, disaient les hommes. Ils coûtent cher et ne t’apportent rien.<br />
Les marchands de mots roses, désolés, ne savaient plus où les entreposer.<br />
Les boutiques roses fermèrent les unes après les autres : « Tout doit disparaître », « Fermé pour cause de deuil », « Soldes en gros », « Quinze mots roses pour le prix d’un ». Mais, même à prix modiques, ils n’intéressaient plus personne. Les boutiques de mots gris, elles, prospéraient. Car, c’est bien connu, les vilains mots sont contagieux. Lances-en un dans une cour de récréation, tu en recevras dix ! On créa même des boutiques spécialisées en gros mots, rires gras, insultes noires. Et les marchands gris travaillaient jour et nuit pour dénicher les perles rares, les mots les plus horribles et les plus méchants ! « Hippopotame aux dents noires », « Tu pues la morue », etc.<br />
Craignant d’être à sec, ce qui arrive en temps de guerre, les gens se mirent à faire des conserves de mots gris. On les congela par douzaines, on les empila dans les placards de la cuisine, dans les armoires, sous les lits.<br />
Et, hop, à la moindre brouille, au plus petit ricanement, à la moindre querelle, on allait puiser dans son stock : « La ferme ! », « Ta tête en accordéon », « Caille déplumée », « Relent de maquereau », « Haleine d’oignon », « Sinistre crétin », et « J’en passe ».<br />
Les anniversaires se déroulaient dans les pires insultes. On chantonnait : « Mauvais an-ni-ver-saire, mauvais an-ni-ver-saire », en lançant une bombe de gros mots au milieu de la fête. Chez les grands, pour fêter la nouvelle année, on trinquait avec du jus de chaussettes noires en ricanant :<br />
— Mon vieux, je te souhaite une année pourrie&#8230; Et surtout, une très mauvaise santé !<br />
Et, quand on ouvrait les cadeaux, c’était un concert de gémissements :<br />
— Mais comme c’est moche ! Comment as-tu trouvé une idée aussi nulle ? C’est vraiment le cadeau que je redoutais le plus.<br />
Avant l’école, les enfants se ruaient dans les magasins gris pour remplir leurs poches de gros mots, en prévision de la cour de récréation. Avant les vacances, on venait aussi, chez les grands, remplir ses bagages de mots gris, ricanements imbéciles, que l’on jetait par la portière sur l’autoroute, entre les sandwiches et le café, pendant les embouteillages : « Hé ! face de rat ! T’as eu ton permis dans une pochette-surprise ? »<br />
Sur Terre, l’atmosphère était glaciale. Le Soleil qui craint l’impolitesse et les volées de bois vert, refusait désormais de sortir. Il se souvenait d’autres temps, où on l’accueillait à bras ouverts :<br />
— Oh ! Il fait beau ! Comme ça fait du bien ! Merci mon bon Soleil&#8230; Oh, mon Dieu, j’adore le Soleil.<br />
Au lieu de quoi il entendait, aujourd’hui :<br />
— Fait chaud&#8230; Fait trop chaud&#8230; Ah là là, keskifait cho.<br />
Alors, les nuages envahirent le ciel et la Terre sombra dans une période glaciaire. Tout le monde eut froid : on refusa désormais de se déshabiller, on ne faisait plus de câlins, on ne faisait plus de bébés. Comme la Terre était triste, sans fleurs ni mots roses !<br />
Pourtant, quelque part, un petit garçon ne voulait pas se résoudre aux mots gris. Peut-être parce que, dans sa poche, subsistait un petit mot rose à moitié gelé. « Moi, disait Pierre, je ne veux pas de ce monde où plus personne ne chante ; où on ne dit ni bonjour, ni merci, où il fait froid, toujours froid. Je vais revoir le Soleil. »<br />
Le petit  garçon  marcha longtemps, escalada des collines gelées, des petites et des hautes montagnes, des volcans éteints. Enfin, après des mois et des mois, fourbu, gelé, épuisé, il arriva tout près des nuages.<br />
— Toc, toc, fit-il, je cherche le Soleil.<br />
— Oh oh, dit le nuage en chef, qui avait pris possession du ciel gris. Voyez-vous ça… une saleté de petit bonhomme ridicule qui cherche môssier le Soleil ? Mais le Soleil n’y est plus pour personne ! Depuis que les mots gris ont pris le pouvoir, c’est nous, les nimbus et cumulus, qui sommes les chefs.<br />
Il bomba le torse et lui ferma la porte au nez.<br />
Le petit garçon s’assit, tout étourdi. Comment se défendre ?<br />
Il n’avait pas emporté l’ombre d’un mot gris dans sa poche. Alors, il se mit à pleurer. Le nuage le regarda, surpris : il n’avait vu personne pleurer depuis longtemps ! Dans cet univers glacial tous les yeux étaient gelés, les cœurs étaient froids.<br />
— Arrête immédiatement ! gémit le nuage. Sinon je vais faire tomber une averse ! (Car les nuages ont très facilement la larme à l’œil.)<br />
Finalement, chamboulé de l’intérieur, il décida de l’aider.<br />
— Tiens, lui dit-il. La petite crotte jaune, là-bas, c’est le Soleil.<br />
Pierre ouvrit les yeux et vit, en effet, une boule de billard perdue dans l’étendue bleue : c’était le Soleil qui était en train de disparaître, à force de mauvais traitements.<br />
À bout de forces, le petit garçon se rendit encore vers la petite boule jaune.<br />
— Bonjour, dit-il au Soleil. Je suis venu te chercher. Tout est devenu gris, sur la Terre. Nous avons froid, nous avons mal. Nous ne rions plus jamais, nous ne disons plus jamais de mots gentils. Il faut que tu reviennes.<br />
Le Soleil leva un minuscule œil.<br />
— Il n’est pas question que je revienne. Les impolitesses et les incivilités, ça me tue. Bonsoir, je retourne me coucher.<br />
— Non ! supplia le petit garçon. On gèle, sur Terre, sans toi ! Nos maisons sont froides et nos cœurs gelés. Reviens, je t’en prie.<br />
Et le petit garçon sortit de sa poche son petit mot rose tout gelé : « On t’aime. »<br />
— Mmm, mmm, fit le Soleil qui en eut un peu de rose aux joues. Tu dis cela pour me flatter, n’est-ce pas ?<br />
— Non, soupira le petit garçon.<br />
— Évidemment, dit le Soleil en haussant une épaule.<br />
Évidemment ! Comment vivre dans un monde tout noir, où chacun hurle, vocifère ? Où personne ne dit « merci », « s’il te plaît », « c’est très bon », etc ? Ça fait froid partout dans le cœur. Je me souviens d’une époque… où il y avait des mots roses partout, de la lumière partout dans les cœurs. En tenant la porte, on se disait « merci », et pas « crotte de bique ». Ah, c’était le bon temps.<br />
Et le Soleil et le petit garçon se mirent à soupirer ensemble, en pensant à la « période rose ».<br />
— Il faut que tu reviennes, insista Pierre.<br />
— Je suis d’accord pour un essai, bougonna le Soleil. Mais jette d’abord ces mots roses sur la terre. Ainsi, mon retour sera plus agréable.<br />
Le Soleil donna au petit garçon tout un stock de mots roses : « Je t’en prie », « C’est vraiment gentil », « S’il te plaît », « Je t’aime très fort », « Mon amour adoré », « Amour de ma vie », « Après toi », etc. Le petit garçon les glissa dans ses poches, dans sa bouche, dans son chapeau, dans son écharpe, dans ses chaussettes, partout ! Autant qu’il pouvait en tenir.<br />
Il revint sur Terre et les distribua au petit bonheur la chance.<br />
Soudain, dans les embouteillages, on se remit à déplier les petits papiers roses : des « Après vous, je vous en prie », « Comme il fait beau, n’est-ce pas ? », « Allez-y, je ne suis pas pressé ! »&#8230;<br />
Dans les cours de recrée, on entendit à nouveau des rires gentils, des « Toi, t’es mon meilleur copain », des « Bien sûr, tu peux jouer avec nous, avec plaisir ! »… À la maison, les enfants recommencèrent à dire des mots roses : « Merci, maman », « S’il te plaît », « Excuse-moi, je n’y pensais pas »… Pendant les goûters d’anniversaire, on chantait gaiement, et on se remettait à formuler des vœux de bonheur et de santé pendant les réveillons de fin d’année.<br />
Le Soleil recommença à briller et à se coucher dans son nuage rose tous les soirs. Et, je te le jure, les marchands de mots roses se remirent à faire fortune ! On créa même d’autres magasins spécialisés : en sourires, en soupirs de bien-être, en politesse, en courtoisie, en civilité&#8230; Ça fit un peu comme de la barbe à papa dans le cœur. Quant aux mots gris, devant tant de bonheur, ils détalèrent de toutes leurs pattes grises et velues. Et quand l’un d’eux venait pointer le bout de son nez, je te le garantis, il ne restait jamais très longtemps…</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/19/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/19/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/19/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/19/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=19&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/19/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Les deux maisons</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-deux-maisons/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-deux-maisons/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 10:53:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-deux-maisons/</guid>
		<description><![CDATA[— Alors, j’aurai ma grande chambre ? Et papa, un nouveau bureau ? La maman de Louis émit un superbe sourire. — C’est encore mieux que ça ! Nous allons avoir deux maisons. Une pour nous, une autre pour papa. C’est formidable, n’est-ce pas ? Louis hocha la tête en pensant : « Les mamans [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=18&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">— Alors, j’aurai ma grande chambre ? Et papa, un nouveau bureau ?<br />
La maman de Louis émit un superbe sourire.<br />
— C’est encore mieux que ça ! Nous allons avoir deux maisons. Une pour nous, une autre pour papa. C’est formidable, n’est-ce pas ?<br />
Louis hocha la tête en pensant : « Les mamans sont vraiment incroyables, avec leur manie d’arranger les choses. »<br />
— Ça sera merveilleux, fantastique, poursuivit maman, avec un immense faux sourire de clown. Toi qui voulais une chambre plus grande, tu en auras deux : une chez papa, une chez moi. Tu passeras un week-end chez papa et un autre chez moi. Tu seras notre petit roi pendant le week-end, nous ne serons là que pour toi !<br />
Louis sentit une chape de plomb tomber sur ses épaules. Le roi ? Mais il n’avait jamais voulu être le roi.<br />
Pourtant, Louis ne dit rien, et se dessina un grand sourire sur le visage.<br />
— Tu es un enfant sage ! Tu prends merveilleusement bien les choses ! dit maman, qui, depuis quelques jours, mettait des points d’exclamation partout et glissait des « formidable », des « merveilleux » dans toutes ses phrases.<br />
Dans cette effervescence de gaieté, cette montagne de faux sourires et d’hypocrisie, chacun prépara ses cartons. Le papa de Louis emballa ses affaires, en adressant une série de clins d’œil à son fils.<br />
— Tu as l’air content, papa, dit Louis.<br />
— Oui, tu verras, ça sera formidable, dit papa, la voix brisée.<br />
Par chance, on trouva deux petites maisons, pas très éloignées l’une de l’autre, une maison jaune, une maison bleue, ça changeait de la maison verte. Le jour où Louis partit voir son papa dans la maison bleue, sa maman lui tendit son petit sac, avec ses petites affaires bleues de week-end. Et quand Louis demandait quand, oui, quand, ils retourneraient tous dans la maison verte, maman détournait le regard mais pas le sourire.<br />
— Oh, bientôt ! bientôt ! disait-elle joyeusement. Ne t’inquiète pas, mon chéri.<br />
Car, parfois, les grandes personnes veulent protéger les enfants et leur racontent des histoires de contes de fées. Elle n’osait pas dire que la vie d’avant était bel et bien terminée, et que la maison verte était fermée à jamais.<br />
La vie s’organisa dans les deux maisons, et entre les maisons. Louis avait sa petite brosse à dents bleue, sa brosse à dents jaune. Il avait des chaussettes bleues d’un côté, des chaussettes jaunes de l’autre, ses livres bleus, ses livres jaunes. Tout était bien séparé : les couleurs, les souvenirs, les parents. Avant il n’y avait qu’une seule couleur, maintenant il y en avait deux. Pour la première fois, Louis comprenait le cycle du temps, le passé, le présent, le futur. Il y avait l’avant, il y avait l’après. Rien ne durait, et rien ne se mélangeait.<br />
Quand sa maman l’accompagnait, elle le laissait à la porte de la maison bleue, en l’embrassant bien fort. Papa ne montait jamais non plus dans la maison jaune, il laissait Louis descendre de voiture en lui disant : « Je suis pressé, je dois y aller. »<br />
Pourtant, chacun posait des questions sur l’autre.<br />
— Comment va ta mère ? demandait papa.<br />
— Ton papa n’a pas trop maigri ? demandait maman.<br />
Et Louis répondait sagement :<br />
— Oh, maman va merveilleusement bien.<br />
— Papa est dans une forme fantastique.<br />
On a beau être un enfant « sage », en apparence, on peut être très désordonné à l’intérieur. À l’intérieur, on peut hurler, vociférer, crier que la vie est nulle, et que les parents exagèrent. Pas facile, d’avoir deux maisons !<br />
Louis se perdait régulièrement dans les couloirs. Dans la maison bleue, il cherchait sa chambre jaune, et quand il se levait en pleine nuit dans la maison jaune, il se dirigeait vers la cuisine au lieu d’aller aux W.-C. Il allait chercher une baguette de pain chez le boucher, et demandait des yaourts au marchand de jouets. Un jour, à l’école, il arriva avec une chaussure bleue et une chaussure jaune. Un autre jour, pour le cours de gymnastique, il enfila sa tenue de clown à la place de son survêtement de sports.<br />
— Comme tu es dans la lune, soupira la maîtresse. Alors qu’il était dans le noir.<br />
Le jour de la fête des Mères, il arriva avec un rasoir électrique, et il donna à son papa, pour Noël, une jolie paire de boucles d’oreilles en forme de cœur. « Louis est dans une phase de grande distraction », avait écrit la maîtresse sur le bulletin scolaire. Mais Louis n’était pas dans la distraction, ni dans le bleu, ni dans le jaune, mais dans le vert le plus total ! Car il pensait toujours à la promesse de sa maman :<br />
— Bientôt nous retournerons dans la maison verte&#8230;<br />
Mais quand ?<br />
Et puis un jour, par le plus grand des hasards, son papa et sa maman se retrouvèrent dans la rue. Avec lui, Louis, au milieu. Ils devinrent tout rouge écrevisse.<br />
— Oh, mais que fais-tu là ? demanda maman.<br />
— Et toi, que fais-tu là ? demanda papa.<br />
— Je me promène.<br />
— Moi aussi.<br />
(C’était une conversation fort intéressante.)<br />
— Et si on allait au restaurant, tous les trois ? demanda papa, l’air badin.<br />
Louis n’osa pas montrer sa joie, mais à l’intérieur, ça sautillait, ça bondissait ! Les parents se raccommodaient, et les couleurs se mélangeaient à nouveau ! Et, au dessert, devant la glace à la pistache toute verte, il prit un air badin :<br />
— Alors&#8230; C’est ce soir que l’on retourne dans la maison verte ?<br />
Maman regarda le fond de son verre, avec une grande application.<br />
— Mon Louis, nous allons t’expliquer&#8230;, dit maman.<br />
Ils racontèrent à leur petit garçon qu’ils ne revivraient jamais ensemble, jamais, jamais. Maman ne souriait plus de son faux sourire de clown, et ne dit plus du tout ni fantastique, ni merveilleux. Louis pleura, tempêta, trépigna, et les traita de menteurs. Parfois, pour les grandes personnes, ça n’est pas facile de se résoudre à dire la vérité, quand elle est difficile. Mais il le faut ! Et il se sentit mieux. Au fond de lui, pour la première fois, les choses étaient claires : le jaune et le bleu ne feraient jamais plus du vert, et resteraient toujours de la même couleur. La maison verte resterait verte, dans son souvenir. Quand les choses furent bien claires, et quand le temps eut passé, Louis ne mélangea plus ni ses chaussettes, ni ses paquets-cadeaux, ni ses brosses à dent ou ses pantalons de gym. Il y avait la vie d’avant – la vie en vert – et la vie de maintenant.<br />
Souvent, le soir, Louis demandait à sa maman une histoire de « la maison verte », et ça le rendait très heureux, car c’était une très belle histoire.<br />
— Moi plus tard, disait-il à sa maman, je vivrai dans une maison toute verte, vert comme l’espoir. Jamais il n’y aura de séparation, jamais. Une seule couleur, pour toute la vie.<br />
— Tu as bien raison, je le souhaite pour toi, répondait sa maman. Je suis sûre que toi, tu réussiras.<br />
Et elle lui caressait les cheveux longtemps, dans le noir, pendant que Louis s’endormait… À la lueur de la veilleuse verte.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/18/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/18/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/18/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/18/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=18&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/les-deux-maisons/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le singe Bobo qui n’était pas si bête</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-singe-bobo-qui-n%e2%80%99etait-pas-si-bete/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-singe-bobo-qui-n%e2%80%99etait-pas-si-bete/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 10:49:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-singe-bobo-qui-n%e2%80%99etait-pas-si-bete/</guid>
		<description><![CDATA[Les Bonobos étaient de grands singes espiègles au visage intelligent et aux yeux brillants. D’ailleurs, à force d’entendre dire qu’ils étaient malins comme des singes, les Bonobos se prenaient tous pour des ingénieurs surdoués. Tous, sauf Bobo. Bobo était un peu plus petit que les autres, il baissait la tête en marchant et il ne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=17&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Les Bonobos étaient de grands singes espiègles au visage intelligent et aux yeux brillants. D’ailleurs, à force d’entendre dire qu’ils étaient malins comme des singes, les Bonobos se prenaient tous pour des ingénieurs surdoués. Tous, sauf Bobo. Bobo était un peu plus petit que les autres, il baissait la tête en marchant et il ne réussissait pas grand-chose à l’école des singes. Peut-être parce qu’il était souvent dans la lune ? Ses rêveries étaient pleines de visages ricanants et grimaçants, qui l’observaient d’un air mauvais.<br />
Si on se moquait si souvent de lui, c’est parce que Bobo ne savait pas répondre aux questions aussi simples que : «Quel est le mode de déplacement le plus rapide dans la forêt ?» Ou bien : « Combien font deux et deux bananes ? »<br />
Pour te dire la vérité, à force d’entendre dire qu’il était bête, et qu’il ne savait rien, Bobo était devenu incapable en tout. C’est souvent comme cela d’ailleurs. Il lisait dans les yeux des autres : «  T’es bête, t’es bête ! Montre-nous comme t’es bête ! » Alors, il obéissait sagement. Et il devenait bête. S’il avait lu dans les yeux des singes un peu d’admiration, s’il y avait lu : « Oh, comme tu as l’air fort ! », il aurait puisé un peu de confiance en lui dans ces yeux-là. Et ça aurait été tout le contraire, et voilà. Tout.<br />
Voilà ce qui se passait dans la tête de Bobo : au moment où quelqu’un lui posait une question, Bobo lisait dans les yeux des autres la moquerie, les singeries, et sa propre bêtise, tout cela l’inondait totalement, des pieds à la tête, comme une douche glacée.<br />
En lui, il sentait une grosse montée de panique, un tremblement essentiel. Et une petite voix stridente, venue de nulle part, criait à son oreille : « T’es nul ! Tu sais rien ! T’es nul ! Tu sais rien ! » Tout se brouillait, et alors, c’était le grand vide intersidéral, qui parfois le faisait dégringoler du cocotier.<br />
Quand il parvenait à s’accrocher devant le regard du Maître « poseur de questions », il baissait les yeux, il baissait la queue, ne répondait rien. Et alors, devant le silence de ses réponses, il fallait entendre les déferlements de rires des Bonobos tout entiers réunis : « Ha, ha, ha ! Ouaf, ouaf ouaf ! » Une armée de rires terribles, stridents, pointus, qui viennent vous percer les tympans et le cœur.<br />
Et Bobo fuyait, de liane en liane. Son refuge, c’était tout en haut du plus vieux bananier de la savane. Ce bananier-là avait, disait-on, au moins cent dix ans. Il était si vieux, si sec, qu’il ne donnait plus une seule banane. Même ses feuilles, jaunies, abîmées, craquaient comme du papyrus. Personne ne s’intéressait plus au vieux bananier. Sauf Bobo. C’est pourquoi quand le vieux bananier entendait Bobo arriver, il se gonflait d’orgueil. Car le vieux bananier connaissait le secret du petit singe.<br />
Quand il arrivait tout en haut du vieux bananier, Bobo retrouvait en effet ses pinceaux, ses couleurs, ses feuilles de bananier, son univers de petit peintre. Et Bobo peignait, peignait. Car Bobo avait trouvé là un moyen de faire taire cette petite voix stridente, qui résonnait à ses oreilles : « T’arrives pas ! T’es nul ! T’es archi-nul ! » Quand il dessinait, il n’entendait plus rien. Rien que le silence admiratif du vieux bananier et le vent qui, s’engouffrant dans les feuilles jaunies et craquelées du vieil arbre, chuchotait : « Beau, c’est beau ! » C’était beau, mais c’était triste. Ses toiles s’appelaient : « Jour de colère », « Typhon dévastateur », « Caca de brousse », « Angoisse dans la savane », « La multiplication des poux », « Théorie de la banane pourrie ». Tous ces tableaux existaient déjà, dans la tête de Bobo avant même qu’il ne pense à les dessiner. Et, quand il peignait, il savait exactement où il voulait arriver et exactement à quel moment il aurait terminé son tableau. Ce qui est sans doute la qualité des grands artistes !<br />
Pendant qu’il peignait, Bobo respirait mieux ; sa poitrine s’ouvrait. Et comme il comprenait la tristesse du monde, et la vieillesse du vieux bananier ! Il avait même l’impression qu’il aurait pu voler avec les oiseaux, tant il comprenait le fonctionnement de leurs ailes. Comme cela était bon, de disparaître dans la nature ! Mais quand Bobo redescendait, les cris stridents des autres singes, tous les malins, lui lacéraient à nouveau les tympans. Et en deux secondes, il redevenait Bobo le « bêta ».<br />
Bien sûr, Bobo n’osait pas montrer ses œuvres aux autres. Ils se seraient moqués encore plus, ils auraient ricané, et cette fois-ci, c’était certain, pensait Bobo, il en serait mort de honte.<br />
Un jour, comme il se produisait souvent à chaque changement de saison, le vent, qui était aussi malin qu’un singe, se mit à faire des siennes. Il s’engouffra dans le vieux bananier et fit tomber, une à une, toutes les toiles de Bobo.<br />
Bobo, qui était à l’école en train de se faire chahuter, vit ses tableaux tomber, un à un, du vieux bananier&#8230; « Angoisse de la banane pourrie », « Tristesse dans la savane »&#8230; Bobo crut qu’il allait mourir. Mourir de honte. Il attendit, les yeux fermés, les sarcasmes des autres. Mais rien ne venait. Quand il rouvrit les yeux, il vit un spectacle incroyable : tous les singes, pendus par la queue, contemplaient ses tableaux sans dire un mot. Et, dans leurs yeux, il y avait de la tristesse, ou de la rage, ou des soupirs. Tout ce que Bobo avait dessiné, et qui se reflétait dans les yeux des Bonobos.<br />
Est-ce toi qui as peint tout cela ? demanda le Maître en hochant la tête.<br />
Oui, répondit Bobo, qui se sentit à nouveau respirer bien fort (Car il était très fier, et il comptait bien, ce jour-là, ne donner sa fierté à personne.)<br />
Bobo se sentait si heureux, qu’il grimpa aussitôt dans son vieux bananier pour peindre « Respiration », « Jour de bonheur », « Senteur de banane fraîche ».<br />
Ses tableaux étaient encore plus beaux qu’avant !<br />
Certainement parce que les autres lui avaient fait comprendre que c’était beau. Et que, cette beauté-là, il l’avait lue dans les yeux des autres, et elle l’avait inondé – comme une douche tiède d’été – « Plus on nous dit qu’on réussit, et plus on réussit, finalement », pensa Bobo, qui était loin d’être bête.<br />
Aujourd’hui, Bobo est devenu le petit singe le plus puissant de la savane. Il réalise des portraits sur commande, et on vient de très, très loin, pour suivre ses cours de peinture. Jamais Bobo ne se moque de personne. Car il sait très bien que chacun des petits singes a une qualité en lui. Certains sont très doués à l’école, d’autres sont des as en football, certains sont faits pour décrocher des lianes et d’autres pour devenir de puissants vendeurs de bananes.<br />
Le plus fier de tous, c’est le vieux bananier. Lui que tout le monde boudait parce qu’il ne donnait plus une seule banane, voilà qu’il s’est mis à produire les plus beaux trésors du monde ! « Vous voyez, je suis vieux, on a cru que j’étais inutile… Un peu comme Bobo. Mais j’ai bien d’autres trésors en moi… »</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/17/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/17/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/17/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/17/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=17&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-singe-bobo-qui-n%e2%80%99etait-pas-si-bete/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le petit vampire amoureux</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-petit-vampire-amoureux/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-petit-vampire-amoureux/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 03 Sep 2007 10:33:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[amitié]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-petit-vampire-amoureux/</guid>
		<description><![CDATA[Un soir de pleine lune, en sortant dans le noir comme tous les soirs, afin que personne ne le voie, le petit vampire rencontra une petite fille rose qui sortait d’un immeuble. C’était la nuit de Noël. La petite avait les yeux brillants de bonheur, comme tous les enfants ce soir-là. Elle avait enfilé sa [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=16&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Un soir de pleine lune, en sortant dans le noir comme tous les soirs, afin que personne ne le voie, le petit vampire rencontra une petite fille rose qui sortait d’un immeuble. C’était la nuit de Noël. La petite avait les yeux brillants de bonheur, comme tous les enfants ce soir-là. Elle avait enfilé sa plus jolie robe, rose et couverte de volants, et elle dansait sur le trottoir. Le petit vampire avait les dents pointues, le teint blafard et la mine triste, et il resta là, les yeux comme des soucoupes, à la regarder dans son bonheur.<br />
Depuis qu’il l’avait vue, le petit vampire soupirait à fendre l’âme. Il voulait la revoir. Mais pas pour lui faire du mal. Juste pour un petit baiser dans le cou, un tout petit-petit. Mais que peut espérer un vampire gris à côté d’une petite fille rose ?<br />
Le soir, il se rendait près de la maison de Rosie, c’était son nom, pour essayer de la revoir. Mais, souvent, il n’apercevait qu’une petite fille en train de se brosser les dents, de jolies petites dents blanches comme des perles de nacre, en train de se coiffer ou de passer un gant sur sa jolie peau rose de petite fille. Ou en train de dormir en souriant dans son joli lit tout rose. Et le vampire regardait ses dents longues, son teint gris, ses mains crochues, et il pensait : « Un peu de rose dans mon cœur tout gris, ça ferait du rose-de-gris, et ce serait drôlement joli. »<br />
Il se cachait dans sa longue boîte noire, ce qui est une manière pour les vampires d’exprimer leur tristesse. Ses joues devinrent comme du papier mâché, ses yeux reflétèrent la noirceur de son cœur. Il avait punaisé sur sa botte un écriteau : « Chagrin d’amour ».<br />
Sa maman lui dit :<br />
— Ne t’inquiète pas, mon bichounou. On en a vu d’autres : le prince et la bergère, le berger et la princesse, le chat et la souris. Alors, pourquoi pas un vampire et une petite fille ?<br />
— Ah là là, soupirait-il, quelle idée d’être amoureux ! Ce soir-là, j’aurais mieux fait de me casser une jambe ! Ça chiffonne tout en dedans, et on ne pense plus qu’à ça ! J’aimerais tellement rester avec elle, lui parler, tenir ses petites mains roses, l’entendre rire, lui donner de la lumière dans les yeux.<br />
Il se cachait derrière les murs, restait tapi le long de son immeuble, la nuit, à regarder par la fenêtre juste pour apercevoir un coin de voile rose, un coin de sourire, un coin de ciel bleu.<br />
Et le petit vampire rêvait, dans son coin de ciel noir. Un jour ils se marieraient, elle serait tout en blanc, la petite fille rose, avec des fleurs plein les cheveux. Il aurait un beau costume crème et des dents comme des perles. Mais il se réveillait et la vie était comme avant. Et, dans sa longue boîte, il broyait du noir, dans sa botte de malheur.<br />
Il essaya différentes tactiques. Un jour, il mit du rose sur ses joues, un autre jour, il camoufla ses doigts crochus dans des gants en agneau. Et il ferma sa bouche à double tour pour cacher ses deux longues canines. Un autre jour encore, il plaça un nez de clown sur son visage gris, et c’était triste à pleurer.<br />
Un autre jour encore, le petit vampire s’approcha un peu plus de la fenêtre de Rosie. C’était terrible. Elle était en train de faire un cauchemar. Elle pleurait dans son sommeil, elle hurlait. Et lui se dit :<br />
« C’est le moment pour moi d’entrer en scène. De toute façon, je ne peux pas être pire que son cauchemar. »<br />
Le petit vampire arriva dans sa chambre, au moment où Rosie allait crier « Maman ! ». Elle ouvrit grands les yeux.<br />
— Ça alors ! dit-elle. Mais que fais-tu là ? Comment es-tu arrivé dans ma chambre ?<br />
— Il ne faut pas avoir peur, dit le petit vampire en tremblant, car je ne suis pas méchant du tout. Je suis un très gentil vampire. Je suis là pour t’aider. Ne sors ni ta gousse d’ail ni ton crucifix.<br />
La petite fille rit aux éclats. Elle riait, mais comme elle riait ! Elle riait à en pleurer de rire.<br />
— Il est tout à fait raté, ton déguisement ! Tu n’es pas un vampire, tu es un petit garçon !<br />
Le petit vampire était très étonné : elle ne hurlait pas, elle ne criait pas, elle riait, au contraire, et elle lui disait qu’il était comme les autres !<br />
— Je te connais. Parfois, je te croise dans la rue, ou peut-être dans un de mes rêves, je t’ai déjà vu quelque part, dit la petite fille. Mais tu as tort de croire que tu es un vampire. Les vampires sont très moches et tout tristes. Ils n’ont pas les yeux brillants comme toi.</p>
<p>Le petit vampire sentit monter un peu de rose à ses joues, un peu de rose-de-gris. Pourtant, la petite fille grimaça en indiquant ses joues toutes grises comme du papier mâché, et approcha le petit garçon-vampire du miroir.<br />
— Tu as besoin de bronzer un peu, mon cher, et de prendre quelques couleurs. C’est sans doute de rester enfermé chez toi, loin des autres. Viens demain, nous jouerons dans le jardin, sous le soleil.<br />
Le petit garçon, à son grand étonnement, aperçut son reflet dans le miroir ! C’était bien la première fois.<br />
— Je pensais, dit-il, que les vampires ne pouvaient pas se voir dans les miroirs.<br />
— Parfois, répondit la petite fille, on croit qu’on est un vampire, tout moche-tout-laid-tout-gris, mais c’est juste une impression.<br />
Et elle lui fit un bisou sur le nez.<br />
Le lendemain, le petit garçon et la petite fille jouèrent ensemble dans le jardin. Le petit vampire attrapa une belle couleur de peau, des yeux tout brillants et pleins de lumière. Et ses dents, curieusement, se mirent à rétrécir, à rétrécir, à rétrécir&#8230; Comme des perles !<br />
— Tu vois, je te l’avais bien dit, dit la petite fille en lui donnant la main. D’abord, j’ai toujours raison !<br />
Et ils rirent ensemble.<br />
Ainsi finit l’histoire du petit garçon qui se prenait pour un vilain vampire. À moins que ce ne soit un vrai vilain vampire qui se transforma en petit garçon, simplement parce qu’il aimait une jolie petite fille toute rose !</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/16/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/16/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/16/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/16/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=16&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/09/03/le-petit-vampire-amoureux/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le petit soleil</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-soleil/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-soleil/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 12:50:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-soleil/</guid>
		<description><![CDATA[Il y a très très longtemps, des millions, des milliards et des trillions d’années, il n’y avait rien sur Terre&#8230; Rien du tout ! Pas même l’homme. En revanche, le ciel était déjà bien habité : le Soleil, la Lune, les étoiles… Ils étaient tous là ! En ces temps-là, ils étaient encore tout jeunes, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=15&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Il y a très très longtemps, des millions, des milliards et des trillions d’années, il n’y avait rien sur Terre&#8230; Rien du tout ! Pas même l’homme.<br />
En revanche, le ciel était déjà bien habité : le Soleil, la Lune, les étoiles… Ils étaient tous là ! En ces temps-là, ils étaient encore tout jeunes, capricieux, chiens fous et parfois insolents. Surtout le Soleil ! Il fallait le voir se pavaner, avec ses rayons tout neufs et aveuglants, tout fier parce qu’il était, et de loin, le plus ensoleillé, le plus enluminé, le plus étincelant ! Il embêtait tout le monde, avec ses rayons, sa chaleur et sa lumière aveuglante.<br />
— Arrête de briller ! Tu nous fais mal aux yeux ! disaient les nuages.<br />
— Débranchez-le ! Tu me casses la tête ! Je n’arrive pas à fermer l’œil ! bougonnait la Lune.<br />
— Ah, ces petits jeunes ! Ils se croient tout permis, protestaient les étoiles les plus vieilles, qui avaient brillé, dans leur jeune temps, mais n’étincelaient plus guère.<br />
— Tu ne t’arrêtes donc jamais ? soupirait la Terre, exténuée.<br />
— On y voit comme en plein jour ! Comment voulez-vous fermer l’œil ? demandaient les petites étoiles, qui, comme tous les enfants, avaient besoin de sommeil.<br />
Tous les habitants du ciel, exténués, épuisés, harassés, irritables, tristouilles, broyaient du noir à force de lumière.<br />
Ils avaient évoqué plusieurs idées : enfermer le Soleil dans un placard noir, le passer au Karcher pour qu’il soit moins brillant.<br />
— Ça ne peut plus durer ! tonna le tonnerre. Il faut trouver une solution.<br />
Et, bien sûr, comme à chaque fois, il eut un éclair de génie.<br />
— Eurêka ! lança-t-il dans un Z majestueux. J’ai une idée.<br />
Et il la souffla dans l’oreille de la Lune, qui elle-même la raconta aux étoiles, qui la chuchotèrent au zéphyr, et ainsi de suite.<br />
On fit venir devant le tonnerre le petit Soleil insolent, qui gambadait encore dans le ciel, insouciant.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/15/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/15/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/15/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=15&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-soleil/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le petit prince tyrannique</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-prince-tyrannique/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-prince-tyrannique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 12:45:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-prince-tyrannique/</guid>
		<description><![CDATA[Dans un royaume très loin d’ici, une reine se désespérait de n’avoir pas de bébé. – Il nous en faut un ! Il nous en faut absolument un, gémissait le roi. À qui retiendra le superbe royaume que m’a légué mon papa, lequel le tenait de son papa et ainsi de suite jusqu’au début de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=14&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:190%;">Dans un royaume très loin d’ici, une reine se désespérait de n’avoir pas de bébé.<br />
– Il nous en faut un ! Il nous en faut absolument un, gémissait le roi. À qui retiendra le superbe royaume que m’a légué mon papa, lequel le tenait de son papa et ainsi de suite jusqu’au début de la création du premier papa sur la Terre ? À qui donnerai-je ma couronne, une fois que mes os seront vieux et cassants, que je serai bien chenu et tout perclus de rhumatismes ?<br />
– Quel tableau horrible de la vieillesse vous me dessinez là, mon ami ! s’exclama la reine, qui n’avait pas non plus envie de vieillir sans enfant. N’empêche, vous avez raison : il nous faut un bébé.<br />
La reine consulta tous les manuels, tous les docteurs les plus puissants et les plus avisés. Enfin, grâce à l’un d’eux, un bébé commença à bouger dans son ventre, puis, tranquillement, à naître dans de beaux draps.<br />
– Attention ! les prévint le docteur. Ce petit prince est votre trésor, mais ne lui montrez pas trop. N’en faites pas trop vite un petit roi !<br />
Pourtant, le médecin avait à peine tourné les talons que déjà, dans le royaume, la reine attrapa le petit prince et lui fit gouzi-gouzi.<br />
– Tu es mon petit roi, mon seul roi, tes désirs seront des ordres !<br />
Cette phrase ne tomba pas dans l’oreille d’un sourd…<br />
On plaça sous globe cet enfant infiniment précieux et, chaque matin, une servante diplômée lui apportait des biberons de lait d’ânesse, du miel d’abeilles les plus rares. Il dormait sur un matelas de pétales de roses récoltées en Abyssinie à 5 heures du matin, dans des draps cousus au point d’or, et pour le servir, une demi-douzaine de servantes couraient d’un endroit à un autre du royaume et dormaient à ses pieds. Il était protégé de tout : de la moindre brise, du moindre souffle, du plus petit nuage&#8230; Pour le réchauffer, on avait construit un soleil artificiel, qui ne brûlait pas la peau, mais fournissait de la vitamine D. C’est ainsi qu’il grandit tranquillement, en silence, et tyranniquement, car ses désirs étaient des ordres, et ça n’était pas tombé dans l’oreille d’un sourd.<br />
Le jour de ses sept ans, il parut raisonnable de sortir de son globe de verre cet enfant chéri.<br />
– Petit bichounou, tu es un grand, maintenant !<br />
– Je ne suis pas un bichounou, répondit le petit prince avec dédain. Et si vous voulez m’embrasser, je vous autorise à me baiser les pieds, un point c’est tout.<br />
Puis il harangua ainsi le roi son père :<br />
– Hep, vieux roi chenu, passe-moi ta couronne !<br />
Le vieux roi lui remit sa couronne sans mot dire, ça il n’avait jamais dit « non » au petit prince, ni à un jour, ni à trois mois. Comment donc lui interdire quelque chose à sept ans ? Et c’est ainsi que le petit prince se transforma en roi. Un roi tyrannique de sept ans et des poussières. Il fit couper tous les arbres parce qu’il avait reçu une prune sur la tête, il fit égorger les pinsons un à un, parce qu’ils chantaient trop tôt le matin, il fit enfermer la reine sa mère au 749<sup>e</sup> étage du plus haut des donjons, parce qu’elle avait osé lui demander de faire ses devoirs de roi. C’est ce qui se passe, parfois, quand on a été élevé sous globe.<br />
Le pire, c’est que, en dépit de ses caprices, il montrait un visage malheureux en criant :<br />
– Je suis seul !! Je suis triste !! Personne ne m’aime !!<br />
Quand il vit cette succession de bêtises, une violente colère saisit le vieux roi déplumé et sans couronne. Une colère semblable à une mer démontée.<br />
– Veux-tu bien venir ici, chenapan ! gronda-t-il d’une grosse voix. Qui m’a donné un gamin aussi mal élevé !<br />
Ce qui était un vrai chapelet de gros mots pour un roi aussi bien éduqué que ce vieil homme. Il dit aussi :<br />
– Viens ici, que je te donne une torgnole, une baffe, une bonne fessée ! Tu n’as pas été suffisamment rossé, dans ta vie !<br />
La reine, bien qu’enfermée au 749<sup>e</sup> étage, entendit les éclats de voix et s’épanouit dans son donjon.<br />
« Nous serons condamnés à mort, pensait-elle. Nous serons jetés du haut du donjon. »<br />
Ça n’est pas du tout ce qui se passa. Très sagement, le petit roi rendit sa couronne à son père en murmurant :<br />
– Pardon, papa.<br />
Le vieux roi reprit sa couronne, son trône, et le pouvoir. Il libéra sa femme et lui dit :<br />
– Quand on abandonne trop tôt sa couronne à un petit prince, on en fait un insupportable tyran. Le docteur nous l’avait bien dit, mon amie !<br />
Et la vie reprit comme avant. Avec un petit peu plus d’ordre, néanmoins, plus de civilité. Le plus heureux ?<br />
C’était le petit prince ! Avec son papa, il apprit à jouer aux billes et à rire des blagues de carambar.<br />
« Ah, se disait-il. Il est bon d’être un enfant, de ne penser à rien de trop sérieux et de passer son temps à jouer. »</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/14/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/14/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/14/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/14/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=14&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/07/le-petit-prince-tyrannique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le petit roi Ego Ier</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-petit-roi-ego-ier/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-petit-roi-ego-ier/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:44:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-petit-roi-ego-ier/</guid>
		<description><![CDATA[Ego Ier avait beau n’avoir que huit ans et être haut comme trois pommes, on ne voyait que lui dans le royaume. Il faut dire qu’il avait fait poser des miroirs partout : dans le salon, dans la chambre, dans la salle de jeux, dans les toilettes, dans les cagibis, les greniers. À force de [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=13&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;">Ego Ier avait beau n’avoir que huit ans et être haut comme trois pommes, on ne voyait que lui dans le royaume. Il faut dire qu’il avait fait poser des miroirs partout : dans le salon, dans la chambre, dans la salle de jeux, dans les toilettes, dans les cagibis, les greniers. À force de ne vivre qu’avec son image, Ego Ier ne prêtait attention qu’à ses propres désirs. Il inventait des lois rien que pour servir ses intérêts. Comme il aimait beaucoup les chewing-gums, les car-en-sac et les roudoudous, il avait édicté une loi selon laquelle les bonbons étaient la propriété exclusive du royaume. Chaque semaine, les enfants devaient les apporter en sacrifice devant le pont-levis. Et tous les mois, les ministres condamnaient à mort ceux qui osaient garder malabars et roudoudous chez eux.<br />
D’habitude, les lois sont équitables, ce qui signifie qu’elles doivent rendre heureux tout le monde. Mais chez Ego Ier, c’était tout le contraire : les lois ne servaient qu’à son intérêt particulier. C’est pourquoi elles étaient franchement bizarres. Dans les transports en commun, aucune place n’était affectée aux handicapés et aux invalides de guerre. Il n’y avait que des sièges réservés « aux petits rois de moins d’un mètre soixante et de trente-cinq kilos ». Donc, tout le monde restait debout, même pendant les heures de pointe, de crainte de rencontrer un représentant du roi qui ne vous fît décapiter. Au cinéma, on pouvait s’asseoir dans la première et la dernière rangées, toutes les autres étaient systématiquement réservées pour le petit roi, son garde du corps, ses amis. Pourtant, Ego Ier ne venait jamais, car il n’avait plus d’amis.<br />
Après quelques années de règne, il n’y eut plus un seul habitant dans le royaume. Tous les enfants étaient partis, les poches pleines de bonbons. Comment peut-on vouloir rester avec un roi qui ne s’intéresse qu’à son propre bonheur et pas à celui des autres ? Le roi Ego Ier resta tout seul dans son royaume, sans savoir qu’il était tout seul. Depuis des semaines, les ministres du roi se ruinaient en bonbons, malabars et car-en-sac, pour continuer à lui faire croire que les collectes avaient toujours lieu !<br />
Un matin, en consultant son calendrier royal, Ego Ier s’aperçut qu’il allait bientôt avoir neuf ans et qu’il avait furieusement envie de donner une fête avec des enfants de son âge. On lui remit un million de cartons d’invitation, sur lesquels il fit imprimer : « Le petit roi Ego Ier a l’immense honneur de vous inviter à fêter ses neuf ans, samedi 17 juin, entre 14 heures et 20 heures. » Et, après avoir réfléchi, il ajouta : « Tout individu entre cinq et dix-sept ans doit se présenter devant les portes du royaume sous peine d’être décapité. »<br />
Évidemment, personne ne se présenta, puisqu’il n’y avait plus d’enfants. Les ministres tremblaient comme des feuilles, craignant que le petit roi ne s’aperçoive qu’ils lui avaient menti depuis des semaines ! Le jour de l’anniversaire, on ramassa quelques vieux clochards dans la rue, on les pomponna, les baigna, les vêtit de propre, pour faire croire au roi que c’étaient des enfants.<br />
Quand il a tout découvert, le petit roi Ego Ier, furieux, hurla :<br />
― Je punis de mort tous ceux qui osent tricher avec moi !<br />
On décapita donc tous les clochards, qui dormaient du sommeil du juste. Et le roi Ego Ier resta là, à bougonner devant ses miroirs, que les gens étaient bien malpolis, goinfres, intéressés, égoïstes, et qu’il était bien seul.<br />
― Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Ego Ier, maugréa-t-il.<br />
Il était si seul, enfermé dans sa prison dorée, qu’il décida de sortir sans sa garde. Quand il se promena dans le jardin, les roses se fanèrent aussitôt, le soleil se coucha. Après quelques longs kilomètres dans son jardin, Ego Ier croisa le jardinier, qui était sourd comme un pot et un peu fou de la tête, de telle sorte qu’il ne reconnut pas le roi.<br />
― Ho là, hurla Ego Ier. Brave homme, j’ai perdu mon chemin. Peux-tu m’indiquer où je puis trouver refuge pour la nuit ? Un bon royaume, avec un roi sympa ?<br />
Le jardinier lui indiqua le royaume d’en face.<br />
― Allez donc dans cette bonne maison où vit un bon roi, doux et généreux, qui cherche à rendre heureux les autres. Et il chuchota :<br />
― Partez vite d’ici, où vit l’insupportable Ego Ier, égoïste à en crever. Il a bien de la chance de ne pas s’être fait décapiter par ses sujets. Ah ça, oui !<br />
Pour remercier le jardinier de sa franchise, Ego Ier lui laissa la vie sauve et se précipita dans le royaume d’en face.<br />
Là-bas, il apprit un certain nombre de lois : on ne doit pas gribouiller sur les murs de la ville, on ne doit pas mentir, ni frapper les autres, ni leur manquer de respect. De temps en temps, il fallait donner de l’argent, non pas pour le roi, bien sûr, mais pour pouvoir fabriquer de grandes choses, des hôpitaux, des écoles, des crèches et  des tas de bâtiments utiles. On appelait cela les impôts. Ego Ier en était époustouflé. Comme ces lois étaient bien faites ! Il décida d’apprendre son métier de roi en vivant ici, au milieu des autres. C’était si bon de voir de bonnes têtes, bien souriantes, et pas décapitées pour un sou. « Bientôt, pensa Ego Ier, quand je serai guéri de mon insupportable égoïsme, car il faut bien appeler les choses par leur nom, je reviendrai dans mon royaume, et j’écrirai rien que des bonnes lois, bonnes pour tous ! »<br />
Il tint parole : quand il devint un grand roi, et non pas un ridicule roitelet haut comme trois pommes, il édicta des règles dignes de ce nom, et non plus de ridicules petites crottes de lois qui n’intéressaient que lui. Il développa un grand royaume, fit de grandes choses. Et tout le monde fut si heureux, chez lui, que personne ne pensa plus jamais à partir.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/13/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/13/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/13/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/13/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=13&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-petit-roi-ego-ier/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le gros secret d’Aglaé</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-gros-secret-d%e2%80%99aglae/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-gros-secret-d%e2%80%99aglae/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:42:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[animaux]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[dangers]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[peurs]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-gros-secret-d%e2%80%99aglae/</guid>
		<description><![CDATA[C’était une petite souris du nom d’Aglaé. Elle avait des joues roses, une petite robe rose et des chaussures roses. Aglaé, disait-on, était pleine de charme, avec son petit cou fin et ses yeux de biche. On lui disait : « Comme tu es gentille-jolie-toute douce. » Et encore : « Plus tard, tu feras [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=12&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;">C’était une petite souris du nom d’Aglaé. Elle avait des joues roses, une petite robe rose et des chaussures roses. Aglaé, disait-on, était pleine de charme, avec son petit cou fin et ses yeux de biche. On lui disait : « Comme tu es gentille-jolie-toute douce. » Et encore : « Plus tard, tu feras des ravages ! » Et, devant sa maman, on agitait l’index : « Attention à votre petite souris de fille ! Elle va en briser, des cœurs ! » Et Aglaé baissait les yeux, sans comprendre trop ce qui était dit devant elle. Briser des cœurs ? Elle que l’on disait « gentille-jolie-toute douce » ? Les grandes personnes avaient décidément des idées curieuses. Parfois, elle jugeait un peu gênants ces yeux brillants sur elle, ces bisous dans le cou, ces caresses sur ses bras, et ces questions indiscrètes : « Tu as bien un fiancé, toi, à l’école ? »<br />
Aglaé tournait sur elle-même dans son jupon rose et elle minaudait.<br />
– Plus tard, disait-elle, je serai danseuse étoile. Ou star de cinéma Ou chanteuse d’opéra. En tout cas la plus jolie du monde !<br />
– Tu as bien le temps d’y penser, répondait maman. Tu as six ans.<br />
Et aux autres, elle disait :<br />
– Laissez-la vivre. Elle n’a que six ans.<br />
Mais on ne laissa pas Aglaé vivre sa vie. Un jour, dans un sombre trou de souris, on attrapa Aglaé pour la couvrir de baisers. Et on lui dit : « Tu es gentille-jolie-toute douce. » C’étaient les mêmes mots, mais ça n’était pas les mêmes gestes. Aglaé sut faire la différence. Elle sut bien faire la différence entre les genoux du monsieur et les genoux des autres adultes. Entre les caresses qu’il lui fit, cette fois, sur ses petites fesses et tout son corps de souris rose. C’était bizarre, ce mélange entre les câlins des petits et ceux des grands. Les mots étaient les mêmes, mais ils n’étaient pas dits de la même façon : on les lui chuchotait à l’oreille, comme à une dame. C’était bizarre, ce mélange entre l’horreur et le plaisir que tout ça lui inspirait. Pourtant, elle ne dit pas non. On ne dit pas non à un monsieur avec une cravate. On ne dit pas non quand on est « gentille-jolie-toute douce ». Et qu’on risque de briser des cœurs. Quand elle rentra à la maison, elle avait la tête à l’envers, et le corps à l’envers. Elle s’enferma dans son trou de souris et se replia sur elle-même, en pensant à ce que le monsieur lui avait dit :<br />
– C’est notre secret. Si tu parles, ta maman va mourir. Je te le jure.<br />
Et c’est ainsi, ce soir-là, dans le petit trou de souris, que le secret naquit au fond de sa gorge. C’était au début une toute petite bulle de rien du tout, qu’il ne fallait surtout pas laisser échapper. Il fallait fermer, cadenasser, pour qu’il n’arrive rien à maman.<br />
Ce jour-là, Aglaé cessa de parler. Elle avait peur que le secret ne s’échappe malgré elle et ne brise le cœur de sa maman Le soir, elle exigea que l’on ferme la porte de sa petite chambre rose à double tour, au cas où elle parlerait dans son sommeil. Mais elle demanda aussi une veilleuse, pour n’être pas seule avec le secret.<br />
Elle qui était sautillante et gaie et rose, elle se figea, lipide. « On ne sait jamais, pensait-elle. Si je bouge, le secret va bouger aussi et la petite bulle va exploser. » Alors, elle se replia sur elle-même, les bras entourant ses genoux, la tête sur la poitrine, le secret bien à l’abri.<br />
Le secret, dans sa gorge, continua à grossir. Il envahit toute la gorge, jusqu’à étouffer les rires et les soupirs. En classe, elle ne répondait pas. À la récréation, elle cessa de rire. Et un jour, quand Aline, sa copine, raconta en riant, qu’elle avait vu son papa et sa maman se faire des câlins au fond de leur lit, elle s’enfuit à l’autre bout de la cour, la main sur les oreilles roses, le cœur battant.<br />
Aglaé perdit l’habitude de parler. Elle seule savait qui était la responsable : c’était la grosse boule qui n’en finissait plus de grossir en elle.<br />
– Tout de même, disait sa maman. Il faut que tu manges, il faut que tu parles, sinon tu vas mourir.<br />
Aglaé la regardait, effarée. Elle pensait : « Mais si je parle, c’est toi qui vas mourir, maman, c’est le monsieur qui me l’a dit. »<br />
Quand le docteur arriva pour l’examiner, Aglaé se plia un peu plus sur elle-même, la tête sur la poitrine, la douleur muette.<br />
– Non, non, non, fit-elle.<br />
Et c’est tout ce qu’elle dit.<br />
Les gros secrets sont contagieux, et la maman d’Aglaé cessa aussi de sourire, à force de s’inquiéter.<br />
– Tu vas me faire mourir de tristesse, disait-elle. À force de ne pas parler.<br />
Et Aglaé repensait aux paroles du monsieur : « Si tu parles, ta maman mourra. » Qui donc avait raison, chez les grands ?<br />
Un  jour, Aglaé  apprit  que le monsieur, du  sombre  trou  de  souris était parti en prison. Dans un trou encore plus profond. Ce jour-là, le secret décida de sortir, et la bulle éclata.<br />
Les mots sortirent, comme ils le purent, c’est-à-dire tous en même temps, dans le désordre et dans les cris. Il fallut les mettre dans l’ordre : sujet, verbe, complément. « On a joué avec moi », « On m’a manqué de respect », « On a touché à mon corps, à mes fesses de petite fille », « On a fait des choses sur moi que je ne voulais pas », « Il m’a dit que tu mourrais ». Et c’était au tour de sa maman d’être muette devant cette terrible révélation.<br />
– Il ne faut jamais accepter un secret qui ne vient pas de toi ! Il ne faut jamais croire un grand qui touche à ton corps, certaines grandes personnes sont méchantes avec les enfants et leur font croire des choses incroyables. Si on te fait des caresses gênantes, il faut le dire à une autre grande personne&#8230; Tout de suite ! Que ce soit moi, papa, ta marraine ou même une copine. Sinon, ça enfle en toi, ça grossit. Comme une grosse boule de tristesse.<br />
Avec le temps, Aglaé se remit à peindre, à jouer, à dessiner, à manger, à parler dans l’ordre : sujet, verbe, complément. Son corps et son esprit avaient retrouvé leur souplesse de gymnaste. Elle se sentait si légère sans cet horrible secret ! Plus tard, la petite souris rose eut à nouveau des secrets de jeune fille. Et c’est ça, les vrais secrets. Ceux que l’on se fabrique soi-même, non pas ceux que l’on vous oblige à avoir.</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/12/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/12/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/12/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/12/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=12&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-gros-secret-d%e2%80%99aglae/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Le grand voyage dans la nuit</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-grand-voyage-dans-la-nuit/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-grand-voyage-dans-la-nuit/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:41:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[peur]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-grand-voyage-dans-la-nuit/</guid>
		<description><![CDATA[— Allons, Thalie, au lit ! « Oh, nooon, pensa Thalie. Pas ça ! » La nuit tombait, et Thalie, la petite fille aux couettes de bientôt sept ans, sentait son coeur faire des bonds. Comme tous les soirs, l’inquiétude, le doute s’installaient au fond de son coeur comme un sang d’encre. — J’aime pas [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=11&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">— Allons, Thalie, au lit !<br />
« Oh, nooon, pensa Thalie. Pas ça ! »<br />
La nuit tombait, et Thalie, la petite fille aux couettes de bientôt sept ans, sentait son coeur faire des bonds. Comme tous les soirs, l’inquiétude, le doute s’installaient au fond de son coeur comme un sang d’encre.<br />
— J’aime pas le noir. J’aime pas le noir, j’aime pas le noir, grommelait Thalie qui, tous les soirs, réclamait un grand verre de lait blanc, dormait dans des draps tout blancs entourée de peluches toutes blanches, avec des veilleuses toutes jaunes. Et, pendant que la nuit tombait, Thalie, les yeux grands ouverts, le coeur plein de sang d’encre, passait une nuit… toute blanche, comme pour faire la guerre au noir.<br />
Et Thalie pensait : « Que se passe-t-il, la nuit, pendant que je dors ? Et si un jour, tout s’arrêtait ? Si mon coeur s’arrêtait de battre, que la Terre décidait de s’enfoncer dans les mers et que tout se mettait à s’enfoncer plus bas que terre ? » Quand Thalie fermait les yeux, elle percevait ce mouvement de bascule et de vertige, tout au fond d’elle. Alors, elle les rouvrait aussitôt en pensant : « Si moi, Thalie, je garde les yeux ouverts, la Terre ne s’arrêtera pas de tourner. »<br />
Une nuit Thalie entendit un frémissement. Un chuchotement, un froissement. Ça ressemblait à une robe de mariée toute blanche.<br />
— Thalie, fit une voix très douce. Thalie ! Regarde-moi. Mais Thalie, ne voyait rien… Rien que du noir, le blanc de ses peluches, le blanc de ses draps, le jaune de sa veilleuse.<br />
— Je suis là… C’est moi, la Nuit !<br />
Thalie ouvrit grands les yeux. Un petit rire infiniment doux résonna à ses oreilles.<br />
— Je suis la Nuit ! Je suis là pour t’emmener faire un petit voyage. Veux-tu que nous visitions ensemble le monde de la Nuit ?<br />
Thalie, émerveillée et apeurée à la fois, laissa la Nuit l’envelopper dans ses bras tout chauds, son corps s’alourdit. Ses paupières se fermèrent sur ses yeux, et elle décolla à six mille pieds au-dessus de la Terre ! C’était une impression très étrange, car tout en restant dans son lit, elle s’élevait dans les airs, sur le grand tapis volant de la Nuit.<br />
Comme la Terre était belle, sereine, vue de très haut ! Elle était lumineuse et joyeuse comme une boule de sapin de Noël. Dans le ciel noir, Thalie croisa un petit marchand de sable, qui jetait ses grains magiques à pleines poignées en criant :<br />
— Et hop là ! Un de plus au dodo ! Et allez hop ! Le petit Martin, au lit ! Et hop ! La petite Hélène !<br />
Quand elle le croisa, Thalie l’observa attentivement. Le marchand regarda Thalie les yeux brillants, en brandissant son petit poing d’un air interrogatif.<br />
— Non, merci, dit la Nuit. Nous sommes en simple visite, ce soir. Ce soir, Thalie ne dormira pas.<br />
— OK, dit le petit marchand de sable, qui continua sa besogne : « Et hop là ! Oh la hop ! »<br />
Et toutes les deux s’enfoncèrent encore plus profondément dans le noir. Dans le fond du fond du ciel, une grande boule jaune tricotait en bâillant une longue écharpe de nuit. À côté d’elle, les petites étoiles gambadaient et faisaient des sauts, en riant.<br />
— Un peu de silence ! grommela la Lune. C’est la nuit sur Terre tout de même ! Un peu de respect pour ceux qui dorment !<br />
— Cette Lune ressemble à ma grand-mère, pensa Thalie, qui se dit aussi que la nuit était pleine de bruits, pleine de couleurs !<br />
Elle vit un avion, puis un train, une étoile filante, un petit hélicoptère de nuit, un petit Martien qui prenait un bain de lune en remuant ses longs orteils verts caoutchouteux. Sur un astéroïde, un savant peignait sa barbe blanche longue de trois kilomètres en soupirant, un mouton regardait une rose en souriant, et des petits hommes bleus se rendaient à l’école.<br />
— Tu vois tout ce qui se passe, pendant que tu dors. La vie continue, mais c’est une autre vie, lui dit la Nuit.<br />
Puis ils se rapprochèrent de la Terre, qui ressemblait maintenant à une énorme boule ronronnante. Elle respirait doucement  dans son sommeil, bien accrochée dans le ciel.<br />
Soudain, un bon milliard de réveils se mirent à sonner en même temps. Thalie sursauta.<br />
— Oh, ce sont juste les boulangers qui se réveillent pour aller faire les pains au chocolat et les baguettes de pain et les bonbons pour les enfants.<br />
Et, en s’approchant encore, des centaines et des centaines d’enfants endormis, des centaines et des centaines de parents endormis, un grand sourire sur le visage. Comme ils avaient l’air tranquille, heureux…<br />
— Leur cœur continue à battre, c’est pourquoi le drap se soulève. Le sang dans leur corps, circule toujours, même leurs yeux bougent sous les paupières, mais ils sont dans le monde des rêves. Rien ne s’arrête, tout continue.<br />
Et la Nuit regarda Thalie droit dans les yeux.<br />
— Sais-tu que je ne dors que d’un œil ? La vie ne s’arrête pas pendant le sommeil, tout le monde continue à respirer. D’ailleurs, chuchota la Nuit, si tu tends bien l’oreille quand tu es dans ton lit, tu peux entendre le ronronnement de la Nuit. Et même le murmure de la Terre…<br />
De retour de son voyage, Thalie se retrouva dans son petit lit plein de sommeil. Comme c’était bon de penser à tous ceux qui se reposaient, et aussi à ceux qui travaillaient la nuit, tranquillement, gentiment, pour que le monde avance…<br />
Bientôt, la nuit fut si agréable à Thalie, qu’elle refusa sa petite veilleuse et ses draps fluo, et tout ce qui fait les nuits blanches.<br />
— Je veux dormir dans le noir. Le noir complet, dit-elle avec exigence.<br />
Sa maman la regarda avec de grands yeux ronds, très étonnés, en se demandant ce qui s’était passé, et pourquoi Thalie avait autant grandi.<br />
Thalie, de son côté, se demanda longtemps aussi si elle avait rêvé ce voyage avec la Nuit, ou s’il avait bien eu lieu. Jusqu’au jour où elle ne se posa plus la question. Car ce qui comptait, à présent, c’est qu’elle adorait dormir…</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/11/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/11/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/11/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/11/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=11&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/le-grand-voyage-dans-la-nuit/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La révolte du petit reflet de Lola</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-revolte-du-petit-reflet-de-lola/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-revolte-du-petit-reflet-de-lola/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:40:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-revolte-du-petit-reflet-de-lola/</guid>
		<description><![CDATA[Le meilleur ami de Lola ne s’appelait ni Pierre, ni Alban, ni Clément. Il était à la fois muet et trop bavard, à la fois gentil et vachard. C’était… le miroir ! Car Lola passait le plus clair de son temps à se contempler. Ça n’est pas qu’elle se trouvait jolie, oh non. Si on [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=10&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;">Le meilleur ami de Lola ne s’appelait ni Pierre, ni Alban, ni Clément. Il était à la fois muet et trop bavard, à la fois gentil et vachard. C’était… le miroir ! Car Lola passait le plus clair de son temps à se contempler. Ça n’est pas qu’elle se trouvait jolie, oh non. Si on le lui avait demandé, elle aurait répondu qu’elle ne se trouvait ni jolie ni moche, mais elle jouait à se regarder et à s’examiner. Parfois, elle se souriait. Parfois, elle fronçait le nez et s’adressait même des grimaces de sorcière pleine de verrues.<br />
Le miroir était parfois son ami, et parfois son ennemi. Il lui arrivait de se trouver trop grosse, avec son petit bidon qui débordait de son jean, et ses bonnes grosses joues, surtout le jour où, en cours de gym, le grand Nicolas lui avait dit :<br />
— Hé, la grosse, tu devrais te mettre au régime !<br />
Et parfois elle se trouvait jolie, surtout quand on lui disait :<br />
— Avec ces beaux yeux-là, tu vas en faire, des conquêtes !<br />
Était-elle jolie, était-elle moche ? En fait, elle n’en savait rien. Elle regardait son nez, le jugeait épaté, et ses genoux, un peu en dedans. Elle se retournait.<br />
— Suis-je plus jolie de dos ou de face ?<br />
Rien ne lui échappait. Elle savait par cœur que son plus beau profil était le droit. Que, avec cette jupe ou ce pantalon, on voyait moins son bidon mais plus ses mollets ronds. Et elle s’interrogeait :<br />
— Si je pince mon nez toutes les nuits, avec une pince à linge, peut-être sera-t-il plus fin ?<br />
Pendant ses examens approfondis devant le miroir, elle entendait, de loin, la voix de maman :<br />
— Que fais-tu, Lola ? As-tu fini tes devoirs ?<br />
Et elle soupirait :<br />
— Arrête donc de te contempler toute la sainte journée !<br />
Un jour, alors que Lola tournait, souriait, maugréait, faisait des mines, relevait ses cheveux d&#8217;une main, pinçait son nez de l’autre, voilà que soudain, incroyable&#8230; Elle ne vit plus rien dans le miroir ! Rien du tout ! Elle écarquilla les yeux, regarda derrière elle, palpa ses bras, ses épaules pour voir si elle existait toujours… Et soudain, elle entendit un énorme soupir !<br />
Quand elle se retourna, devine qui elle vit, derrière elle&#8230;<br />
Son petit reflet, les mains sur les hanches, l’observait d’un air furax !<br />
— J’en ai assez ! cria le reflet. As-sez ! Tu m’entends ! Ça fait des mois que ça dure. Des mois que tu n’arrêtes pas de ME regarder dans le miroir.<br />
Lola ouvrit ses yeux comme des soucoupes.<br />
Elle était médusée, plus qu’étonnée. Que peut-on répondre à un bonhomme de reflet aussi impoli ?<br />
Le petit reflet continuait :<br />
— Pour qui te prends-tu, à la fin ? Tu n’es jamais contente&#8230; Tu crois que c’est gentil ? Je fais tout ce que je peux pour toi !<br />
— Mais… ça n’est pas contre toi, répondit Lola. C’est que parfois, je ne me trouve pas… Pas très&#8230; Pas très à mon goût, voilà !<br />
Le petit reflet pointa un doigt accusateur.<br />
— C’est ce que TOI, tu penses ! Songes-tu seulement aux autres ? Tu te fiches comme de ton premier sourire de ce qu’ils pensent, eux ! Tu m’emprisonnes, avec ton regard, tu me juges… Je ne suis jamais assez joli pour toi ! De quoi je me mêle, à la fin ? pestait le reflet, visiblement en colère.<br />
— Pardon, pardon, murmurait Lola.<br />
— Je voulais rester à ma place, mais aujourd’hui, trop c’est trop. Ça fait trois quarts d’heure que tu m’examines. Alors je suis sorti de mes gonds.<br />
Et il continuait à bougonner :<br />
— C’est toujours comme ça, avec les filles. Au début, quand elles sont petites, tout se passe bien, elles font confiance. Et puis, quand elles grandissent, voilà qu’elles doutent de nous. Elles se trouvent moins jolies, trop dodues, avec un nez en patate, et patati et patata !<br />
— C’est que&#8230; Je voudrais tant… me voir comme les autres me voient, chuchota Lola, toute gênée.<br />
Le petit reflet, brutalement calmé, sourit.<br />
— Jamais tu ne pourras te voir comme les autres te voient ! Ton regard est dur, sévère, alors que, pour eux, tu es une fille jolie et sympa. Alors, arrête de te faire du mal, tu veux ? Tes yeux sont si sévères qu’ils te déforment totalement. Je suis sûr que tu me vois avec un énorme ventre, des oreilles décollées et un nez comme un concombre. Alors que c’est faux !<br />
Lola hocha la tête en souriant. Il avait peut-être raison, ce satané reflet ! Sans doute était-elle beaucoup trop dure avec elle-même&#8230;<br />
— Écoute, chuchota le petit reflet. Je vais rentrer maintenant dans le miroir.<br />
Et il pointa son index vers la fillette.<br />
— Mais, en attendant,  laisse-moi te dire quelque chose. Tu peux te regarder un peu, chaque matin. Pour te coiffer, t’habiller. Mais évite de passer des heures à ME juger et à ME dévisager sous toutes les coutures. Et il rougit :<br />
— Ça me gêne, à la fin&#8230;<br />
Lola, médusée, retourna au salon.<br />
— Ça va, ma chérie ?<br />
— Oui, maman, murmura Lola, en pensant : « Il a raison, ce reflet&#8230; Il y a d’autres choses à faire, que se contempler toute la sainte journée. »<br />
La cuisine embaumait le bon chocolat chaud. Avait-elle rêvé ou non ? Difficile de le savoir. Mais tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle allait s’offrir un bon gros goûter, et un bon livre, sans penser à rien d’autre, et surtout pas à elle-même.</p>
<p>Dès ce jour, Lola abandonna ses longues séances de contemplation, car elle avait compris que le petit reflet du miroir ne lui appartenait pas totalement. De temps en temps, bien sûr, il lui arrivait de retourner devant le miroir, surtout quand elle venait d’acheter une jupe ou un pantalon tout neufs, mais elle le faisait en cinq minutes, car elle avait toujours peur soudain de voir sortir un petit reflet furibard.<br />
Lola se sentait beaucoup plus jolie, elle n&#8217;avait plus le nez collé sur son nombril, elle faisait confiance à son copain le reflet !<br />
« Décidément, pensa-t-elle un matin en jetant un bref coup d’œil dans son miroir, on vit beaucoup mieux avec soi, quand on se regarde de loin. »</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/10/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/10/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/10/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/10/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=10&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-revolte-du-petit-reflet-de-lola/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La planete des mamans à puce</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-planete-des-mamans-a-puce/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-planete-des-mamans-a-puce/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:38:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-planete-des-mamans-a-puce/</guid>
		<description><![CDATA[Nous étions en 2175. Beaucoup de choses avaient changé sur Terre. On avait exploré Saturne et Vénus, on avait commencé à faire du ski sur la Lune. Et surtout, on avait découvert une multitude de petites planètes inhabitées. Pourtant, malgré tous ces progrès, certaines choses n’avaient pas beaucoup changé sur Terre. Les enfants faisaient toujours [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=9&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;">Nous étions en 2175. Beaucoup de choses avaient changé sur Terre. On avait exploré Saturne et Vénus, on avait commencé à faire du ski sur la Lune. Et surtout, on avait découvert une multitude de petites planètes inhabitées.<br />
Pourtant, malgré tous ces progrès, certaines choses n’avaient pas beaucoup changé sur Terre. Les enfants faisaient toujours des caprices, et les parents des crises de nerfs. Les enfants recelaient toujours des fessées, lignes d’écriture et menaces en tout genre. Mais voilà que, quelque part dans l’univers, un savant réfléchissait au moyen d’exterminer les fessées et les devoirs&#8230;<br />
Ce savant s’appelait Grammaticus Cartapus. Il était l’unique habitant de l’astéroïde 2024, où il s ennuyait ferme.<br />
— Comment attirer les petits enfants chez moi ? s’interrogeait Cartapus, qui avait terriblement envie d’entendre résonner sa planète de cris, de rires et de bonnes blagues.<br />
Afin de savoir ce qui plaisait aux enfants, le savant avait installé un écran de contrôle dans son labo. Il pouvait y analyser les rêves des enfants sur Terre. Et ces rêves étaient clairs : de la télé, des bonbons, du Nutella, des jeux vidéo, pas de punitions, ni devoirs, ni légumes verts, ni poisson cuit à l’eau, rien que des câlins.<br />
II était bien décidé ci supprimer les gifles cinglantes, fessées humiliantes, lignes  d’écriture abêtissantes, choux-fleurs, épinards et salsifis, mais aussi les menaces, les « Attention, je compte jusqu’à trois ! », « Tu verras quand papa rentrera », et autres « Encore un zéro et tu vas en pension ! »&#8230;<br />
Pour te dire toute la vérité, Grammaticus Cartapus, tout petit, avait reçu 2356 fessées – il les avait comptées, exécuté 55 000 lignes d’écriture et subi à 35 reprises le cagibi noir, pain sec et eau, ce qui expliquait bien des choses.<br />
Après quelques longues, longues années de travail forcené, Grammaticus Cartapus sortit enfin, sourire aux lèvres, de son laboratoire. Eurêka ! Il avait mis au point une toute nouvelle race de mamans et de papas, cent pour cent électroniques. Voilà qui attirerait tous les enfants terriens chez lui !<br />
Les mamans à puce ressemblaient comme deux gouttes d eau aux autres mamans, malgré leur regard un peu fixe, leur démarche un peu raide. Elles ne distribuaient ni fessées, ni gifles, ni lignes de lecture, ne proféraient ni cris, ni menaces terrifiantes, elles ne privaient pas de dessert, ne limitaient ni la télé, ni les jeux vidéo, et n’interdisaient jamais les bonbons et le chocolat, même avant les repas. Enfin, elles ne vérifiaient pas les devoirs et ne calculaient jamais le taux de calcium ou de protéines des aliments. Pour couronner le tout, elles souriaient, faisaient des bisous électroniques et répétaient d’une voix de synthèse :<br />
— C’est bien, mon trésor ! Je suis fière de toi !<br />
Le savant Grammaticus se frottait les mains.<br />
— Un beau jour, il n’y aura plus que des mamans à puce et à bisous électroniques ! Et le monde tournera bien plus rond.<br />
Quand les premières mamans à puce furent bien rodées sur l’astéroïde, Grammaticus en fit la publicité dans les écoles, sur la Terre. Par téléportation, il arrivait dans les cours de récréation et haranguait les enfants :<br />
— Venez habiter dans l’astéroïde 2024. Je vous livrerai une maman à puce, toujours souriante, toujours disponible, qui ne gronde jamais !<br />
Et il leur donnait un code secret qui leur permettait de le contacter rapidement.<br />
C’est ainsi que, de jour en jour, les capricieux, les têtes à claques et surtout les « fesses à fessées » commencèrent à peupler l’astéroïde 2024.<br />
Un jour, Jean-Brutus, un petit garçon fort désobéissant de sept ans et quelques jours, en eut assez. ASSEZ de sa maman, ASSEZ des devoirs de géographie lunaire, ASSEZ des infects épinards qui ne donnaient aucune force, ASSEZ de se brosser les dents pendant trois minutes.<br />
Il composa le code secret et vit aussitôt apparaître dans sa chambre le savant Cartapus.<br />
— Viens donc dans mon astéroïde à puce ! dit-il Là-bas, il n’y a ni chou-fleur, ni brocolis, ni coucher à 8 heures, ni devoirs à faire. Tu terras, tu ne le regretteras pas. Jean-Brutus partit aussitôt. Après trente secondes de voyage (délai moyen d’un déplacement extraterrestre en 2175), une maman électronique arriva vers lui en souriant, et prit son manteau et son bonnet.<br />
— Donne-moi ton manteau Je suis fière de toi, mon chéri. Tu es superbe, tu as bonne mine. Comme je suis heureuse.<br />
Elle lui avait préparé son goûter : du Nutella au Nutella farci de Nutella, et un bon chocolat chaud avec sept sucres dedans. Jean-Brutus était très satisfait. Surtout quand sa nouvelle maman alluma, pendant qu il grignotait, trois télés en même temps, deux consoles de jeux et un ordinateur portable. Enfin, quand il réclama à boire, elle lui donna du Coca-Cola AVEC caféine. Jean-Brutus s’affala sur le canapé, avec ses baskets sales, sans un merci, mais en faisant un gros rototo a cause du Coca-Cola.<br />
— Merci, mon grand, je sais fière de toi, fit la maman à puce, en courant dans la cuisine pour préparer le dîner : un gratin au Nutella farci de fraises Tagada.<br />
Tous les jours, la vie sur l’astéroïde 2024 réservait à Jean-Brutus des surprises agréables. Certes, l’école existait toujours, mais on y distribuait des bonbons, esquimaux, caramels, chocolats glacés, et jamais de punitions. Jean-Brutus n’était pas pressé de ré-atterrir, tu peux me croire.<br />
Tous les jours, lorsqu’il rentrait de l’école, sa maman à puce lui faisait des bisous, toujours les mêmes (un sur le front, deux sur les joues), allumait les trois télévisions, les deux consoles de jeux, l’ordinateur portable, et se rendait illico dans la cuisine pour préparer le gratin au Nutella farci de Nutella. Quand il rapportait une mauvaise note en dictée, elle avait toujours le sourire aux lèvres.<br />
— Tout est parfait ! disait-elle. Je suis fière de toi, mon chéri ! Va donc regarder les télés.<br />
Les enfants de l’astéroïde 2024 n’avaient plus que des zéros pointés, et même pire encore. Les professeurs distribuaient maintenant des moins 2, moins 3, moins 10. Mais comme c’étaient des professeurs à puce, ils continuaient à féliciter leurs élèves :<br />
— Bravo ! Léopold, 3, c’est absolument parfait. Je voudrais voir ta maman pour lui proposer que tu sautes une classe.<br />
Jean-Brutus ne fit donc plus aucun effort. Un jour, il rentra à la maison escorté par un policier à puce (il avait volé trente-trois disques dans un magasin, et quarante kilos de bonbons). Jean-Brutus pensa que sa maman allait le renvoyer. Mais elle sauta en l’air.<br />
— Je te félicite. Bravo, mon trésor. Je suis si fière de toi ! Et un autre jour, quand Jean-Brutus rentra de l’école, son blouson déchiré et sans chaussures, les deux yeux au beurre noir, parce qu’il s’était fait racketter par un plus grand, elle le regarda, les yeux agrandis par la fierté.<br />
— C’est génial ! Comme je suis fière. Tu es superbe.<br />
Et elle partit dans la cuisine pour préparer des choux à la crème.<br />
Les enfants, qui s’apercevaient tous que rien ne changeait rien à rien, n’allaient plus à l’école et ne faisaient plus rien. Quand sa chambre était mal rangée, ce qui arrivait bien sûr très souvent, Jean-Brutus suivait les instructions de Cartapus : il envoyait un coup de pied aux fesses de sa maman à puce, ce qui déclenchait le programme « nettoyage ».<br />
— Merci, mon chou, disait alors la maman électronique. Va regarder la télé pendant que je range ta chambre, je t’en prie. Ne te gêne pas pour moi.<br />
Un soir, Jean-Brutus rentra à minuit à la maison après avoir fait cent trente-six flippers de suite.<br />
— Tu es en retard, mon chou, dit-elle. Mais je suis fière de toi Veux-tu encore regarder les trois télés ou te coucher tout de suite ?<br />
Jean-Brutus fronça les sourcils : ainsi, elle ne s’était même pas inquiétée pour lui ? Sa vraie maman, elle, l’aurait terriblement disputé, et puis il aurait promis de ne jamais recommencer. Il se coucha avec un léger malaise au fond du cœur.<br />
Très vite, le malaise s’accentua. Jean-Brutus avait une indigestion de frites, bonbons, Nutella et petits choux à la crème. Un jour de grand malaise, il composa le code secret, et aussitôt Cartapus se présenta devant lui.<br />
— J’en ai assez, dit Jean-Brutus. Je suis dégoûté, je ne veux plus avaler une demi-cuillère de Nutella.<br />
Le savant Grammaticus se gratta la tête : il n’avait pas du tout prévu les cas d’indigestion, mais opéra en urgence la maman à puce afin qu elle change de recette.<br />
Le soir même, Jean-Brutus vit sa maman à puce se diriger vers la cuisine et sortir tous les ingrédients les uns à, la suite des autres. Les biscuits, le maïs, le blé, le saucisson, la mozzarella, les yaourts, le poivre, le sel, les coquetiers, le liquide pour lave-vaisselle, la serpillière&#8230; Tout en disant :<br />
— Miam, nous allons faire un bon gratin. Tu vas voir, mon chéri, tu vas te régaler.<br />
Elle éplucha les murs, arracha les lattes de parquet, qu’elle découpa en petits dés. Enfin, elle courut vers Jean-Brutus, afin de le mettre aussi dans le gratin ! Jean-Brutus s’enfuit chez son copain Marius où la maman à puce l’accueillit :<br />
— Tu as fugué ? Je suis fière de toi. Installe-toi devant les trois télés, je te sers ton Nutella.<br />
Grammaticus Cartapus s’arrachait les cheveux dans son laboratoire : pourquoi les choses n’allaient-elles pas comme elles devaient aller ? Pourquoi les enfants n’étaient-ils pas heureux ? Pourquoi étaient-ils en si mauvaise santé ? Son régime ne semblait pas contenir aux petits Terriens. A force de ne manger que du sucre, leur visage était devenu tout rond, tout blanc, sans muscle ; et leurs dents devenaient toutes noires. C’était comme s’ils étaient tombés dans un bain amollissant. Il consulta son écran de contrôle : les rêves des enfants avaient changé. Ils voulaient maintenant des haricots verts, de la viande, du poisson cuit à l’eau, du calcium et des protéines. Ils voulaient se coucher tôt et se brosser les dents « trois minutes au moins », soir et matin !<br />
Cartapus déclencha la sirène spéciale et réunit toutes les mamans, afin de les opérer en urgence. Quand elles se réveillèrent, elles se prosternèrent à ses pieds.<br />
— Nous sommes fières de toi, Cartapus, nous sommes si fières, dirent-elles d’une seule voix. Nous allons maintenant préparer des gratins plus variés.<br />
Et les mamans se mirent à éplucher et découper en rondelles tout ce qui leur passait par la main. Il fallait voir l’état de la planète, réduite en bouillie, cassé en mille morceaux.<br />
Un jour, l’une des mamans arriva dans le laboratoire avec son éplucheur électrique. Après quelques heures de travail, elle tomba sur la carte à puce qui régissait l’astéroïde. Boum ! Dans le ciel, dans l’univers entier, on entendit alors de délicieuses voix de synthèse, qui disaient : « C’est vraiment génial », « Merci, trésor », « Qu’est-ce que je suis contente ! », « Veux-tu encore du Nutella avant de dormir ? ». Et toutes ces jolies phrases que les enfants avaient adorées pendant quelques mois. Enfin, la  planète  explosa totalement : un  véritable  feu d’artifice à puces !<br />
Les enfants retombèrent sur Terre, sautèrent dans les bras de leur vraie maman, en goûtant les câlins qui ne ressemblaient à aucun autre, leurs bisous qui n étaient pas forcément un sur le front et deux sur les joues, mais parfois sur les cheveux et sur le nez. On entendit alors :<br />
— Maman, gronde-moi quand j’ai une mauvaise note !<br />
— Prépare-moi des haricots verts. Et de la salade !<br />
— J ai mal aux dents ! Donne-moi ma brosse à dents !<br />
— Je veux me coucher tôt !<br />
Tous les enfants de l’astéroïde 2024 réclamaient maintenant des règles, donc des punitions, des félicitations sincères, un peu de bonbons mais pas trop. On ne pouvait plus passer ses journées à ne manger que du chocolat et des tartines, à jouer au Baby-foot, au flipper ou à la game-boy sans rien faire d’autre. Car le chocolat semble encore meilleur, si on le mange après les haricots verts ou le fromage. C’est ainsi que les mamans à puce disparurent définitivement et que les vraies mamans reprirent du service.<br />
Les vraies ? Tu sais bien, ce sont celles qui sont douces et sévères avec leur regard qui gronde ou qui sourit, leurs petites phrases : « Tu vas voir ce que tu vas voir », « Si tu continues, tu vas en pension », et « Tu auras ces bonbons APRÈS avoir mangé ton gratin aux courgettes, et pas avant »&#8230; Et c’est ainsi que les caprices du soir et les crises de nerfs, les enfants désobéissants et les mamans sévères continuèrent encore pendant de très longs siècles ci exister. Et ça n’était pas si mal que ça, après tout…<br />
Tu te demandes ce qu est devenu Cartapus ? Eh bien, il est redescendu lui aussi sur Terre et s’est reconverti dans la création de jeux vidéo, là où les rêves restent des rêves&#8230; Et il a décidé de ne plus jamais toucher aux machines humaines&#8230;</p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/9/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/9/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/9/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/9/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=9&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-planete-des-mamans-a-puce/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La lune se sent mal-aimée</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-lune-se-sent-mal-aimee/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-lune-se-sent-mal-aimee/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:37:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-lune-se-sent-mal-aimee/</guid>
		<description><![CDATA[Cette nuit-là, la Lune se leva du pied gauche. Elle planta ses petits poings sur ses hanches rondes et rouspéta : — Assez ! C’est assez ! J’en ai maaaarre !!!! Elle pleurnicha tant et tant qu’elle finit par réveiller la Nuit, qui dormait pourtant à poings fermés, comme un bébé. — Quel tapage ! [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=8&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:185%;">Cette nuit-là, la Lune se leva du pied gauche. Elle planta ses petits poings sur ses hanches rondes et rouspéta :<br />
— Assez ! C’est assez ! J’en ai maaaarre !!!! Elle pleurnicha tant et tant qu’elle finit par réveiller la Nuit, qui dormait pourtant à poings fermés, comme un bébé.<br />
— Quel tapage ! rit la Nuit noire en bâillant. Si tu continues comme cela, tu vas réveiller tous les enfants, alors que tu es payée pour les endormir ! Tu fais pourtant là un métier bien agréable, enveloppée dans mon grand manteau bleu, à garder un œil ouvert sur le monde comme il va, et à vérifier que les enfants sont bien sages, dans le fond de leur lit.<br />
La Lune baissa les yeux tristement.<br />
— J’en ai assez d’être mal aimée. Il n’y en a que pour le Soleil ! Quand il se lève, tout le monde s’exclame : « Oh, voilà le Soleil ! On se sent revivre ! » Et quand tu fais tomber ton grand manteau bleu et que j’apparais&#8230;<br />
— Eh bien ? demanda la Nuit en haussant les épaules.<br />
— Eh bien, ça n’est pas la même chose. On ne me dit même pas bonjour !<br />
La Nuit se gratta la gorge.<br />
— Peut-être les adultes t’oublient-ils, mais les enfants, eux, te saluent comme une princesse ! Quand tu arrives, ils s’exclament : « Regardez ! La Lune ! C’est la Lune ! » Et ils ont des étoiles dans les yeux.<br />
— Mmouaif&#8230;, soupira la Lune, qui, décidément, n’avait pas envie de briller ce soir-là. Mais certains jours, certains horribles jours, quand je suis bien pleine, on me confond avec&#8230; avec&#8230;<br />
La Lune blonde rougit de honte.<br />
— Avec quoi ? demanda la Nuit.<br />
— Avec un réverbère ! Oui, parfaitement ! C’est déjà arrivé !<br />
— C’est gentil, un réverbère, répondit la Nuit. Ça donne de la lumière sur les trottoirs. Ça réchauffe le cœur.<br />
La Lune soupira.<br />
— Moi, je suis bien plus haute qu’un réverbère ! Ah là là ! Ça n’est pas le soleil que l’on confondrait avec une lampe de chevet !!<br />
Et la Lune continuait à pleurnicher.<br />
— Personne ne sait comme je travaille&#8230; Même les enfants pensent que je ne sers à rien. Regarde leurs dessins : j’ai droit toujours au petit coin des feuilles, sur la droite, presque hors du cadre. Et qu’est-ce que je fais, sur leurs dessins, tu peux me le dire ? rouspéta-t-elle. Je dors ! On me dessine des yeux fermés, une bouche qui bâille. Alors que le Soleil, lui, rit de toutes ses dents, les yeux grands ouverts. Mais, ajouta la Lune en fronçant les sourcils, mes yeux ne sont jamais totalement fermés ! Je veille sur tous les enfants qui dorment. Et ça, personne ne s’en doute !<br />
Parfois même, chuchota-t-elle, je leur fais un petit câlin. Alors, ils sentent un minuscule guili sur le front, et ils ne se doutent pas que c’est moi !<br />
La Nuit écoutait attentivement.<br />
— Moi aussi, on me voit toujours en train de dormir. On dit que le jour se lève et que la nuit tombe, comme si je tombais dans un trou. Mais c’est faux ! Je ne « tombe » pas sur le monde. Je suis drôlement utile. Sans moi, on s’épuiserait à courir à longueur de journée, sans s’arrêter une seconde. La vie ressemblerait à une course contre la montre et, à la fin de la course, épuisé, on tomberait le nez par terre sans se relever. Alors que, grâce à moi (et la Nuit bomba le torse), on reprend de l’énergie toute la nuit et on peut à nouveau jouer et s’amuser le lendemain !<br />
— Moi, renchérit la Lune, je suis championne pour faire pousser les fleurs, les graines, mais aussi les enfants ! Je les protège et je les berce, et c’est pendant leur sommeil qu’ils grandissent.<br />
La Nuit reprit :<br />
— C’est vrai, rien ne s’arrête pendant la nuit. Mais tout continue, tout bas, en sourdine. Le sang qui circule dans les veines, les fleurs qui continuent à respirer, les papillons qui battent des ailes&#8230;<br />
La Lune secoua sa grosse tête ronde.<br />
— Pourquoi donc les enfants rouspètent-ils au moment d’aller au lit ? Comme c’est vexant ! Parfois, je les entends dire : « Non, maman ! Non, pas au lit, je déteste aller me coucher ! »<br />
Et elle fixa l’horizon tristement.<br />
– Dans ces cas-là, mon cœur est prêt à exploser, je me sens si triste, que j’ai envie de rentrer dans un gros trou noir, et de jamais en sortir&#8230; mais je ne le fais pas. Que diraient les enfants si, un jour, ils ne me voyaient pas apparaître ?<br />
La Lune se tut, et la Nuit se tut aussi. Le silence envahit le ciel. Mais toutes les deux, elles rêvaient à un jour prochain où les enfants leur réserveraient une belle, une superbe place sur leurs dessins. Ce jour-là, les enfants diraient : « Chouette ! C’est l’heure d’aller au lit ! Vite, maman ! Je veux écouter la Lune, ma copine, me fredonner une berceuse à l’oreille »&#8230;<br />
Et la Lune et la Nuit souriaient dans le grand ciel bleu, en pensant à cet heureux jour, où les enfants goûteraient la douceur de la Nuit, et la chaleur de la Lune.</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/8/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/8/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/8/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/8/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=8&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-lune-se-sent-mal-aimee/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La Fée Publicité</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-fee-publicite/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-fee-publicite/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:35:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-fee-publicite/</guid>
		<description><![CDATA[Il était une fois, au pays des fées, une petite fille du nom de Minouche qui regardait la télé toute la journée. Eh oui, même les fées ont leurs petits défauts ! Ce qu’elle aimait surtout, ça n’était pas les documentaires ou les dessins animés, c’était… la publicité. On a beau être fée, on a [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=7&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Il était une fois, au pays des fées, une petite fille du nom de Minouche qui regardait la télé toute la journée. Eh oui, même les fées ont leurs petits défauts ! Ce qu’elle aimait surtout, ça n’était pas les documentaires ou les dessins animés, c’était… la publicité.<br />
On a beau être fée, on a toujours besoin d’un peu de rêve, et de beaucoup de magie. Et la publicité la faisait terriblement rêver. Tous ces jouets, tous ces objets, que la télé proposait, même en imagination, elle n’en concevait pas d’aussi incroyables !<br />
Il y avait une fusée télécommandée qui allait jusqu’à la lune, un sous-marin grandeur nature, un audi-fourmi pour comprendre la langue des insectes, une poupée qui fabrique des esquimaux à la fraise, etc.<br />
Alors, quand arrivait la publicité, son cœur battait plus vite, ses joues devenaient roses, ses yeux s’écarquillaient. L’envie arrivait, plus forte que tout. D’abord un creux à, l’estomac, un chatouillis dans le ventre, une idée fixe dans la tête et une voix stridente qui hurle : « Je veux ! J’achète ! Je le veux et je l’aurai ! » Et ce malaise ne la quittait pas jusqu’au moment où elle obtenait enfin l’objet.<br />
Au pays des fées, grâce à la poudre magique, et même si l’on n’a pas de sous, on obtient ce que l’on veut, sauf les baguettes magiques, qui ne sont délivrées que par l’Académie des fées. Minouche faisait venir à elle tous les objets : la fusée télécommandée, la poupée pâtissière, le sous-marin grandeur nature, le robot qui range la chambre.<br />
Pendant une ou deux secondes, le temps d’agiter sa baguette magique, Minouche était très joyeuse : elle riait toute seule, elle chantait, elle courait partout. Mais, dès que le jouet menait à elle, elle était inévitablement déçue. Le robot ne fonctionnait qu’avec des piles introuvables, la fusée ne revenait jamais de la lune, les glaces à la fraise de la poupée avaient un vieux goût de plastique. Bref, la magie disparaissait quand l’objet devenait réel. Curieusement, ça n’empêchait pas Minouche de continuer à regarder la publicité, qui raconte de si jolies histoires et qui vous donne envie de posséder l’univers entier !<br />
Alors, le manège recommençait : creux dans le ventre, chatouillis, idée fixe, voix qui crie : « Je le veux, je l’aurai ! », jouet qui sort de la télé, et grosse crise de larmes, à cause de la déception.<br />
On ne comptait plus, dans le grenier, le stock de vieux jouets accumulés, d’engins flambant neufs, de babioles, de trains qui ne sifflaient plus, de nouvelles voitures plus rapides les unes que les autres, de nouvelles céréales pour le petit déjeuner vues à la télé, et avec un cadeau dedans !<br />
Un jour, en allumant la télévision, Minouche sentit son cœur battre encore plus vite, ses joues devenir encore plus rosés.<br />
Sur le petit écran, une petite sorcière vantait les mérites&#8230; d’une baguette de vermeil :<br />
— Avec une baguette de vermeil, ton Q. M. (quotient de magie) sera plus élevé, et tu feras des merveilles ! Avec la baguette précieuse, tu seras la plus heureuse.<br />
La petite sorcière déclina ensuite tous les tours fabuleux que l’on pouvait réussir grâce à la baguette en vermeil : transformer une princesse en orang-outang, une maman en papa, un papa en grand-mère, une cocotte-minute en chapeau de belle-mère, un morceau de chocolat en carré de sucre&#8230; Oh, comme elle en avait envie, la petite fée !<br />
Mais les petites fées, rappelle-toi, peuvent tout obtenir, sauf&#8230; les baguettes magiques. Quand elle prit conscience de cette atroce, de cette horrible réalité, Minouche faillit s’arracher les cheveux. C’était la première fois qu’elle ne pouvait faire taire cette voix stridente : « Je le veux, je l’aurai ! » Son cœur était rempli d’amertume.<br />
Si elle ne pouvait changer une princesse en orang-outang, et une biche en triple crapaud, une cocotte-minute en chapeau de belle-mère, et un morceau de chocolat en carré de sucre, à quoi cela servait-il donc de vivre ?<br />
Elle se retournait dans son lit, en se demandant comment obtenir cette baguette de vermeil qui faisait des merveilles. Une nuit, alors qu’elle s’était retournée 1 678 fois dans son lit, apparut devant elle sa marraine-fée, celle qui secourt toujours les petites fées désespérées. Quand Minouche lui expliqua pourquoi elle ne pouvait plus dormir, que c’était à cause de la baguette de vermeil qui faisait des merveilles, la marraine rit très fort de son rire de grelots.<br />
— Pourquoi ris-tu ? Ça n’est pas drôle, bougonna Minouche.<br />
Mais la marraine continuait à rire.<br />
— C’est la fée publicité ! La coquine ! Elle raconte un  peu  n’importe quoi. Et tient rarement ses promesses. Veux-tu que je te dise ? Elle est un peu sorcière&#8230; Quand elle voit un enfant devant la télé, elle se frotte les mains et ricane dans son coin : « Ha, ha, en voilà encore un tombé en mon pouvoir&#8230; » Elle est comme ça, la gredine. Tout ce qui l’intéresse, c’est être la reine du monde !<br />
Et la marraine-fée redevint sérieuse :<br />
— Ta baguette de vermeil est comme une autre baguette, sauf qu’elle brille un peu plus, un point c’est tout !<br />
La petite fée piqua une mini-crise de colère, elle tapa du pied, lança son édredon en l’air, jeta sa baguette par la fenêtre. Puis elle se calma et réfléchit.<br />
Elle n’en continua pas moins à regarder la télévision. Mais quand elle l’allumait, et dès qu’elle sentait le chatouillis à l’estomac, l’idée fixe, le cœur qui bat plus fort, bref, l’envie d’obtenir le jouet de la télé, elle voyait la fée publicité, dans son coin, ricaner et se frotter les mains : « Rêve, ma fille, rêve&#8230; Bientôt, je serai la reine du monde ! Tous les enfants seront à moi ! »<br />
Alors, Minouche éteignait la télé et disait tout haut :<br />
— Non, non, vilaine fée, cette fois, tu ne m’auras pas ! Ton jouet a l’air magique, mais il ne l’est pas du tout !<br />
Et c’est elle qui riait sous cape, en imaginant la fée verte de rage. Et elle se disait : « De nous deux, c’est moi la plus forte ! »</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/7/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/7/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/7/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/7/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=7&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-fee-publicite/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>La brouille de Lora et Léna</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-brouille-de-lora-et-lena/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-brouille-de-lora-et-lena/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:34:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-brouille-de-lora-et-lena/</guid>
		<description><![CDATA[Lora était une souris grise avec un nœud rose dans les cheveux, et Léna une souris rose avec un nœud gris sur la tête. Le jour de la rentrée en cours préparatoire, dans la grande cour de la grande école, elles croisèrent leurs regards, leurs petits nœuds, et se sourirent de leurs petites dents pointues. [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=6&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Lora était une souris grise avec un nœud rose dans les cheveux, et Léna une souris rose avec un nœud gris sur la tête. Le jour de la rentrée en cours préparatoire, dans la grande cour de la grande école, elles croisèrent leurs regards, leurs petits nœuds, et se sourirent de leurs petites dents pointues.<br />
— Je m’appelle Lora.<br />
— Moi, c’est Léna.<br />
— Tu ne trouves pas qu’on se ressemble ? demanda Lora, qui avait toujours rêvé d’avoir une sœur jumelle.<br />
— Je ne sais pas, mais soyons copines, répondit Léna.<br />
C’est ainsi que débuta leur amitié.<br />
Elles s’assirent l’une à côté de l’autre et ne se quittèrent plus. Elles n’en finissaient plus de se raconter des histoires et de chuchoter en voyant les petits ratons courir après elles. Elles s’étaient même échangé leurs petits nœuds : rose, gris, gris, rose.<br />
— Comme ça, on est vraiment des sœurs, gloussa Lora, les yeux brillants. C’est si doux, d’avoir une amie !<br />
À deux, elles avaient l’impression d’être plus fortes, de faire bloc contre les cris, les rires, de ceux qui se connaissaient déjà depuis longtemps. Elles, qui étaient nouvelles, elles se sentaient moins perdues&#8230;<br />
À deux, tout est plus amusant. Même les cours de gymnastique, qu’elles détestaient toutes les deux, si menues et si légères !<br />
Quand elles quittaient l’école des Souris, Lora raccompagnait Léna chez elle, puis Léna raccompagnait Lora&#8230; Et le manège durait comme cela jusqu’à la nuit tombante.<br />
Un jour, Léna s’aperçut qu’un petit raton de la classe de CE1 lui faisait les yeux doux.<br />
— Regarde, chuchota-t-elle avec sa petite main rose sur la bouche. Je crois bien que j’ai un amoureux !<br />
— Il est ridicule ! gloussa Lora. Il t’observe avec des yeux de merlan frit. Pour un souriceau, c’est le comble !<br />
Mais Léna cessa de rire. L’œil dur, la bouche pincée, elle dit à Lora :<br />
— Tu es jalouse, c’est tout ce que tu es.<br />
Lora se sentit glacée jusqu’au cœur. C’était la première fois qu’elles n’étaient pas d’accord. C’était la première fois que Léna lui parlait ainsi, d’une voix dure d’étrangère.<br />
Cet après-midi-là, après l’école, personne ne raccompagna personne. Jusqu’à la nuit tombante, Lora grignota des M&amp;M’s devant la télévision. Mais le glaçon dans son cœur ne fondait pas.<br />
Le lendemain, Lora voulut s’excuser. Elle trottina à pas menus dans la cour jusqu’à Léna. Mais Léna avait détourné le regard. Et elle partit de l’autre côté. Plus Lora s’approchait, plus Léna s’éloignait. Lora n’en finissait plus de lui faire des cadeaux : des croûtes de fromage, des crackers au fromage, des bretzels au fromage. Mais Léna n’en voulait pas. Elle lui écrivit une lettre, elle lui donna même un nouveau petit nœud rose, mais Léna pinçait les narines et regardait ailleurs. Plus Lora s’approchait, plus Léna s’éloignait.<br />
Le cinquième jour, quand Lora s’approcha, Léna se mit à glousser avec cette chipie de Lili. Son cœur se serra : elle se souvint de ces autres jours où c’était elle, Lora, qui riait avec Léna de cette chipie de Lili.<br />
Ça y est, tout était fini. Ses mains étaient froides, son cœur était glacé. Même les arbres, dans la cour, étaient noirs et hostiles. Lora grelottait à la maison. Maman disait :<br />
— Ne lui montre pas trop que tu tiens à elle, plus tu t’approcheras, plus elle s’éloignera. Ça m’est arrivé, un jour, avec un amoureux. Plus je lui disais que je l’aimais, plus il me riait au nez. Avec les copines, c’est un peu pareil.<br />
— C’est idiot ! cria Lora, en colère. Je ne peux pas lui dire que je l’aime ?<br />
— Tu n’as pas droit d’être son esclave, répondit maman. C’est comme cela : reste gaie, n’en fais pas tout un fromage, et tout s’arrangera.<br />
Alors, Lora rentra définitivement dans son trou de souris. Ses moustaches et son nœud rose tombèrent de tristesse ; à l’école, elle s’ennuyait terriblement, surtout quand elle voyait Léna et Lili rigoler ensemble. Elle avait l’impression de ne plus exister, elle qui n’avait vécu que dans les yeux de Léna. Le pire, c’était en cours de gymnastique : elle se sentait seule, fragile, elle avait le vertige. Et devant le cheval-arçons, elle avait l’impression qu’elle allait se casser en mille morceaux.<br />
Un jour, alors que le maître apprenait la tactique pour détaler le plus vite possible devant un chaton, Lora vit une paire d’yeux s’approcher d’elle. C’était Carole-la-Dodue, la petite souris aux fesses rondes, dont tout le monde se moquait dans la classe.<br />
— Ça n’a pas l’air d’aller, dit-elle en posant sa main dodue toute chaude sur la main glacée de Lora. Moi non plus, je n’aime pas les cours de gym, souffla-t-elle à l’oreille de sa nouvelle amie.<br />
— Moi, c’est mon cauchemar, sourit Lora.<br />
Ainsi débuta leur amitié. Et les arbres de l’école se remirent à avoir des feuilles. Il faisait à nouveau chaud et doux.<br />
Quelques jours plus tard, à la sortie de la classe, Léna attendait Lora.<br />
— Tu viens à la maison ?<br />
Et elle glissa la main dans la sienne.<br />
— Tu sais, chuchota-t-elle, Lili, je l’aime bien. Mais c’est toi, ma meilleure copine.<br />
Une grande vague de chaleur envahit Lora, ses yeux piquèrent doucement. Léna, elle l’adorait plus que tout, et elle ne pouvait même pas dire pourquoi. Mais elle essaya de rester calme. Elle repensait à la phrase de maman : « Ne lui montre pas trop que tu l’aimes. »<br />
— Attends une minute, dit Lora. Je vais te présenter Carole, ma nouvelle copine.<br />
— Salut, Carole, dit Léna en voyant Carole-la-Dodue.<br />
Carole-la-Dodue dit :<br />
— Vous venez chez moi ? J’ai de bonnes croûtes de fromage pour le goûter.<br />
Et les trois petites souris repartirent, main dans la main. Lora pensait : « Ma meilleure copine, ça sera toujours Léna, et je ne sais pas pourquoi. Mais ce que je sais, c’est qu’il est normal de se disputer de temps en temps, et même de ne plus se parler. Et c’est pas la peine d’en faire tout un fromage. »</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/6/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/6/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/6/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/6/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=6&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/la-brouille-de-lora-et-lena/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Hubert Petitloup et les super costauds</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/hubert-petitloup-et-les-super-costauds/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/hubert-petitloup-et-les-super-costauds/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:31:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[école]]></category>
		<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[dangers]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[pédagogie]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/hubert-petitloup-et-les-super-costauds/</guid>
		<description><![CDATA[Hubert Petitloup était, disait-on, bien élevé, l’œil clair et les dents bien limées, signe de politesse chez les bébés loups. D’ailleurs, on les voit de loin, ces petits loups policés. Ils contemplent le bout de leurs chaussures, ils rougissent derrière leur pelage, ils disent « merci », « s’il vous plaît », et regardent les [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=5&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Hubert Petitloup était, disait-on, bien élevé, l’œil clair et les dents bien limées, signe de politesse chez les bébés loups. D’ailleurs, on les voit de loin, ces petits loups policés. Ils contemplent le bout de leurs chaussures, ils rougissent derrière leur pelage, ils disent « merci », « s’il vous plaît », et regardent les autres d’un air « en dedans ». Quand on ne les connaît pas, on pourrait les imaginer timides. Mais ils sont simplement réservés.<br />
Un jour, le papa de Hubert Petitloup décida de changer de travail. Hubert Petitloup déménagea, changea de tanière, et aussi d’école.<br />
Ses parents lui promirent :<br />
— Tu verras, tu te feras vite des copains. Tous les enfants loups se font vite des copains, car ils vivent en bandes.<br />
« Ça, c’est bien une idée d’adulte ! » pensait Hubert Petitloup, qui savait bien qu’à huit ans, on ne se fait pas si facilement des copains d’école.<br />
Le premier jour, sous le préau de l’école, il pleuvait. Hubert Petitloup se sentit un peu seul, avec ses yeux « en dedans », et malgré son polo et son cartable Superloulou. C’est bien connu : chez les enfants loups, on aime bien les grandes marques qui vous font oublier que vous n’êtes pas, précisément, Superloulou. Donc, voilà notre petit loup sous le préau assourdissant, perdu au milieu des cris de surprise, de joie, de rage. En un simple coup d’œil, on pouvait facilement s’apercevoir que tous les petits loups étaient au moins par deux, trois par trois, ou en bande. Aucun n’était seul. Sauf lui.<br />
Soudain, il remarqua, dans le fond de la cour, trois super-costauds qui se dirigeaient vers lui en mâchouillant un chewing-gum.<br />
— Salut, mon pote. T’as un cartable Superloulou, dis-moi.<br />
— Bonjour, oui, c’est un Superloulou, répondit dans l’ordre Hubert Petitloup.<br />
L’un des trois super-costauds siffla :<br />
— C’est un vrai Superloulou. Ça se voit à la bande fluo rouge. Parce que tu sais qu’il y en a des faux. Des Superloulou faux et nuls.<br />
— Oui, des faux, je sais, répondit fièrement Hubert Petitloup en levant le nez.<br />
— Dis donc, mon pote, tes parents ils en ont, du fric, fit le plus gros des super-costauds.<br />
Hubert Petitloup émit un petit rire, mais ne répondit pas, car il n’en savait fichtrement rien. À deux reprises, il avait demandé à sa maman s’ils étaient plutôt riches ou plutôt pauvres. Et sa maman lui avait répondu : « Plutôt riches, mais pas très riches », en ajoutant : « Ça ne regarde pas un petit loup bien élevé. »<br />
Hubert Petitloup avait donc cessé de poser la question, estimant que les affaires d’argent avaient l’air diablement compliquées, chez les grands.<br />
Il fixa ses baskets d’un air gêné. Et il  pensait : « Que  me veulent-ils à la fin ? » Sous l’assaut des trois regards, il lui semblait que son cartable était en train de se décrocher de son dos !<br />
À ce moment-là, la cloche sonna. Le deuxième super-costaud lui dit :<br />
— C’est quoi, ton nom ?<br />
— Hubert Hubert Petitloup, répondit Hubert Petitloup.<br />
— On s’attend à la sortie ?<br />
— Bien sûr, répondit Hubert Petitloup, partagé entre le sourire et les larmes.<br />
Car, malgré l’attitude un peu menaçante des super-costauds, il ne pouvait s’empêcher de penser : « Je me suis fait trois copains ! Je me suis fait trois copains ! » À 16 h 30, les trois super-costauds étaient là, les mains dans les poches. Quand il arriva, ils le saluèrent comme un prince :<br />
— Ok, mais c’est notre Superloulou ! Waow, Superloulou avec supercartable !<br />
Le plus grand se retourna, montrant à Hubert Petitloup un vieux sac à dos tout élimé.<br />
— Je te propose un marché. Je t’échange mon superbe vieux sac pourri contre ton sublime Superloulou&#8230; Sinon, je te bute, signala le supercostaud.<br />
Hubert Petitloup voulut s’opposer, mais il vit quelque chose briller dans la main du supercostaud. Qu’est-ce que c’était ? Une paire de ciseaux ? Un cutter ? Il vida son cartable silencieusement et le tendit, la mine défaite.<br />
— Bravo, mon pote. T’as bien choisi, parce que sinon&#8230;<br />
Et il lui fit le geste de l’égorger : couic.<br />
Le lendemain, Hubert Petitloup sortit de la maison à pas de loup, pour que sa maman ne remarque pas son nouveau cartable à dos tout abîmé.<br />
Jour après jour, le manège continua. Hubert Petitloup se débarrassa de sa gomme Superloulou, de son tee-shirt en agneau molletonné, de ses bonbons au poulet, de sa toiture téléguidée Mannix, et enfin du goûter qu’il apportait tous les jours à l’école. Comment dire non avec cet éclair d’argent qui brillait dans les mains des super-costauds, et cette menace : couic ?<br />
Il fallut bientôt leur donner plus, beaucoup plus : de l’argent qu’il prenait en cachette dans le porte-monnaie, et même des boucles d’oreilles en argent de sa maman, quand le jour de Noël arriva.<br />
Sans être jamais allés chez lui, les super-costauds n’ignoraient plus rien des objets de sa maison, car ils questionnaient longuement Hubert Petitloup sur ses jouets et ses vêtements de marque. Et Hubert Petitloup répondait sagement : sa maman ne lui avait-elle pas dit qu’il devait répondre poliment à toutes les questions qu’on lui posait ? Il obéissait de la même façon aux trois super-costauds, et à leur « Si tu parles, t’es cuit ».<br />
De  toute  façon, n’était-il  pas  une  minuscule  crotte  de loup, un ridicule petit loup incapable d’avoir des copains ? Sans doute était-il normal qu’il paie, d’une certaine manière. Quand il rentrait à la maison, maman loup l’observait d’un œil inquiet. Difficile de cacher quelque chose à quelqu’un qui vous aime. On a beau camoufler derrière un sourire poli, dire : « Oui, la cantine était bonne, oui, j’ai bien travaillé », les mamans savent quand le cœur de leur petit loup est en détresse.<br />
Quand il arrivait à l’école, Hubert Petitloup avait l’estomac qui faisait trois tours de piste. Et il se retrouvait à l’infirmerie, à se tordre de douleur.<br />
— Comme tu as le ventre tendu ! lui dit un jour l’infirmière. On le croirait plein de vilains secrets.<br />
— C’est un morceau de poulet qui ne passe pas, répondit faiblement Hubert Petitloup, qui savait bien que c’était la peur. La peur avait commencé à le grignoter, jusqu’au bout des moustaches. La peur que sa maman ne découvre qu’il fouillait dans son porte-monnaie, la peur de se faire rosser, la peur d’avoir peur&#8230;<br />
Mais il ne disait rien à ses parents. Il avait appris à ne pas dénoncer et, de toute façon, les super-costauds l’avaient menacé. S’il disait le moindre mot, les super-costauds auraient sa peau, c’est sûr, ils lui avaient raconté ce qui s’était passé avec un petit de CP qui refusait de donner son goûter.<br />
Un jour, alors que Hubert Petitloup s’approchait de la grille de l’école, il vit… la voiture de son papa. Et son papa, avec sa voix puissante qui gronde, était en train de disputer les trois super-costauds !<br />
— Ah, je comprends tout maintenant. Bande de voleurs ! Tas de sauriens !<br />
Hubert Petitloup ouvrit bien grandes ses oreilles. Il n’en croyait pas ses yeux ! Il en resta médusé. Il voyait bien que son papa était bien plus fort que les trois super-costauds ! Car, à force de faire des cauchemars, Hubert Petitloup avait perdu le sens du réel. Il s’était imaginé que les super-costauds, avec leur rage et leur convoitise, mesuraient au moins deux mètres ! Une nuit, il avait même vu, en rêve, les trois super-costauds menacer son papa devant une banque, avec une mitraillette ! Et voilà qu’ils semblaient tout petits devant son papa&#8230; Hubert Petitloup, les yeux écarquillés, se repaissait de ce spectacle de la loi, qui venait à son secours.<br />
Le soir, papa, cette fois-ci, fit la leçon à Hubert Petitloup :<br />
— La loi existe, chez les loups ! Et la loi, c’est avoir le droit de faire certaines choses, et ne pas avoir le droit d’en faire d’autres. Voler les autres, raconter des histoires graves, menacer les plus faibles&#8230; On ne doit pas le faire, et c’est puni par la prison ! Les petits loups, même très bien élevés, doivent se défendre absolument. Les trois super-costauds ont fait quelque chose de très mal, et ils seront punis.<br />
Hubert Petitloup récupéra ses affaires, son cartable Superloulou, son polo Superloulou et sa gomme Superloulou. Il les conserva dans sa chambre, mais ne les prit plus jamais pour aller à l’école. Et depuis, il se sent beaucoup mieux, Hubert Petitloup ! Tu le verrais, dans la cour de récré&#8230;<br />
Aujourd’hui, c’est lui qui crie, qui rit le plus fort. Il n’a plus besoin de supermarques pour être un super petit loup. Et les super-costauds n’ont pas intérêt à lui marcher sur les doigts de pied de loup, c’est moi qui te le dis&#8230;</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/5/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/5/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/5/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=5&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/hubert-petitloup-et-les-super-costauds/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Fable des deux scorpions</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/fable-des-deux-scorpions/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/fable-des-deux-scorpions/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:29:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/fable-des-deux-scorpions/</guid>
		<description><![CDATA[Dieu avait créé la Terre, la mer, le ciel, les animaux bons, les animaux mauvais pour l’homme. Enfin, il créa les scorpions, en ignorant s’ils seraient bons ou méchants. Pour le savoir, il décida de les mettre à l’épreuve. — Ma Terre est pauvre pour l’instant, dit-il aux deux scorpions, l’un noir, l’autre jaune. J’ai [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=4&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Dieu avait créé la Terre, la mer, le ciel, les animaux bons, les animaux mauvais pour l’homme. Enfin, il créa les scorpions, en ignorant s’ils seraient bons ou méchants. Pour le savoir, il décida de les mettre à l’épreuve.<br />
— Ma Terre est pauvre pour l’instant, dit-il aux deux scorpions, l’un noir, l’autre jaune. J’ai besoin de richesses pour les hommes, pour leur construire des maisons, des hôpitaux, des écoles, et tout ce qu’ils réclament pour vivre et élever leurs enfants. Je vais donc vous confier une mission : vous me rapporterez toutes les pierres précieuses que vous trouverez dans le désert. Elles sont enfouies très profondément, mais vos dards vous aideront à les trouver.<br />
Dieu les regarda dans les yeux.<br />
— Ces richesses seront très utiles à mes hommes. Je vous paierai pour ce labeur trois pierres précieuses chacun.<br />
Et Dieu fronça les sourcils.<br />
— C’est un travail long et difficile, et vous serez forcément tentés de garder les pierres pour vous. Mais si vous me mentez, vous serez sévèrement punis.<br />
Ainsi partirent les deux scorpions, après avoir juré leurs grands dieux, c’est le cas de le dire, de remettre au bien public la plus petite des pierres rencontrées en chemin. Amasser des trésors pour l’Etat, pour le bien de tous les hommes, ça n’est pas comme trouver des richesses pour soi. Il faut lutter contre le désir de tout garder pour soi !<br />
Les scorpions partirent aussitôt, en affrontant la chaleur, le vent, le sable, enfonçant leur dard profondément dans les dunes, dans les vagues, là où l’on trouve, si l’on regarde bien, des rubis, des saphirs, des diamants facettés.<br />
On sait que le désert regorge de richesses cachées, que ce soit des pierres précieuses, des louis d’or, ou toute autre chose. On sait aussi que c’est la nuit, quand tout le monde est endormi et que l’on se sent très seul, que l’on a une chance de gagner. Car les richesses sont souvent enfouies loin des regards, ce qui rend le travail de « chercheur d’or » fatigant, épuisant, sous 50 degrés le jour et moins 20 degrés la nuit, et sans une goutte d’eau à se mettre sous le dard ! Mais si ça n’était pas fatigant, ça ne s’appellerait pas un trésor, n’est-ce pas ?<br />
Le scorpion noir fouilla, fouilla, fouilla, encore et encore. Comme il était vif et astucieux, il avait déjà trouvé cent diamants, six cents émeraudes, trois cents saphirs et d’innombrables rubis. A mi-chemin, à cause de la fatigue, une mauvaise pensée lui vint à l’esprit : « Tout ce travail ! Et pour récolter quoi ? Un pauvre petit diamant, un quart d’ongle de rubis, une maigrelette émeraude, un saphir de rien du tout ? Mais si je garde les plus belles pierres, je serai l’animal le plus riche et le plus puissant de la Terre ! Et peut-être Dieu nous considérerait-il, nous, les scorpions, avec autant de respect que les hommes. » Et, avec son dard, il enterra très profondément, dans une cachette ultra-secrète, les plus belles pierres précieuses dans le sable.<br />
Pendant ce temps, le scorpion jaune traînait entre ses pattes le maigre trésor amassé : trois rubis, cinq diamants, sept saphirs, un peu d’or gratté sur une pierre. Le butin était maigre, car il avait passé beaucoup de temps à se dorer au soleil et surtout à discuter avec le renard des sables et tous les habitants du désert, pour tromper sa solitude.<br />
Quand l’heure du bilan fut venue, Dieu fit venir devant lui les deux scorpions. Le scorpion noir ne rapporta à Dieu que six pierres. Elles étaient toutes petites, ridicules et mal fichues.<br />
— Je n’en ai pas trouvé davantage, mon Dieu, mentit le scorpion noir. Mon frère jaune a été trop rapide ! Il a tout ramassé avant moi !<br />
En disant cela, ses deux yeux rougirent et flamboyèrent comme des rubis, signe de mensonge et de fourberie. Dieu lui répondit calmement :<br />
— Tu mens ! Tu as gardé tout le trésor pour toi tout seul ! Ce que tu as fait est mal. D’abord, parce que tu m’as menti. Ensuite, et surtout, tu as volé la richesse des hommes. Ton intérêt est passé avant celui des hommes. Et  pour cela, tu seras maudit ! Quand tu verras un homme, ou un animal, tu auras une irrésistible envie de le piquer avec ton dard, et, si tu y parviens, tu le tueras.<br />
Puis Dieu se tourna vers le scorpion jaune.<br />
— Toi, tu as été très paresseux, tu as passé ton temps à tromper ta solitude. Mais il faut avoir du courage et savoir supporter la fatigue et l’isolement pour trouver des trésors. Ton dard piquera également, mais ne donnera de la fièvre que pendant trois jours et trois nuits.<br />
Depuis ce jour, quand les hommes voient un scorpion noir, ils l’écrasent avec leurs pieds, à cause de la peur qu’il leur inspire. Mais quand ils voient un scorpion jaune, ils savent bien qu’il est gentil, et ils le laissent en vie, tout en s’éloignant de lui.</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/4/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/4/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/4/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/4/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=4&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/fable-des-deux-scorpions/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
		<item>
		<title>Chut! Le roi est occupé!</title>
		<link>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/chut-le-roi-est-occupe/</link>
		<comments>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/chut-le-roi-est-occupe/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 04 Jul 2007 13:17:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>chemfaisant</dc:creator>
				<category><![CDATA[contes]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[histoires]]></category>
		<category><![CDATA[parents]]></category>
		<category><![CDATA[psychologie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://wordpress.com/2007/07/04/chut-le-roi-est-occupe/</guid>
		<description><![CDATA[Dans le grand royaume tout-puissant vivait un roi très occupé. Il avait toujours le nez fourré dans ses papiers, et personne ne l’en blâmait. « Les affaires du royaume », marmonnait-il. Le roi très occupé avait un fils, qui avait le droit de grimper sur les genoux de son père, cinq minutes le matin et [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=3&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Dans le grand royaume tout-puissant vivait un roi très occupé. Il avait toujours le nez fourré dans ses papiers, et personne ne l’en blâmait. « Les affaires du royaume », marmonnait-il.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le roi très occupé avait un fils, qui avait le droit de grimper sur les genoux de son père, cinq minutes le matin et cinq minutes le soir. Après quoi le roi très occupé arrêtait tout net de faire « à dada sur mon bidet » et marmonnait d’un air sérieux : « Les affaires du royaume, mon fils. »</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Un jour, le petit prince dessina un bel avion au fusain. Et il demanda que son papa regarde aussi son travail.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:200%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Chut ! fit la reine. Le roi très occupé est dans son bureau de l’aile Ouest. Il s’occupe des affaires du royaume.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Un autre jour, le petit prince apprit à tailler les rosiers avec le vieux jardinier du parc. C’était un sacré travail, avec écorchures et tout et tout, et il voulut le montrer à son papa.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Montre-le-moi, à moi, dit la reine, qui était toujours très contente et très souriante, j’adore les roses, même avec des épines.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Non, je veux le montrer au roi, dit le petit prince, qui pensait que sa maman, forcément, allait aimer son travail, et que ça n’était pas très drôle.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Le roi très occupé est dans son bureau, dans l’aile Ouest. Les affaires du royaume, lui répondit tristement la reine.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">C’est ainsi que le petit prince grandit, avec dix minutes paternelles comptées par jour. Souvent, il réfléchissait et se demandait ce qui se passait de si important dans l’aile Ouest du royaume. Il imaginait son papa avec un tas énorme de cahiers devant lui, en train d’écrire des additions à huit chiffres, des multiplications énormes, il imaginait aussi le téléphone sonner, et son papa répondre :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Allô Moscou, ici Pékin. (Ou le contraire) Trois millions ? Oui, j’achète.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Et c’était si impressionnant, quand il y pensait, qu’il n’osait pas outrepasser les dix minutes par jour.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le petit prince avait de très bons résultats à l’école, mais, par moments, il était très insolent. Et le maître n’était pas content. Il avertit le roi, qui envoya alors une lettre à son fils :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Cher prince, votre insolence sera gravement punie, si vous n’obéissez pas illico à votre Maître. On ne peut pas s’occuper des affaires d’un royaume, si l’on ne sait pas obéir aux lois. Amitiés, meilleurs sentiments, le roi votre père.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le petit prince jugea que c’était une jolie lettre, il l’épingla devant son bureau, et la lisait souvent, car elle signifiait que le roi très occupé avait consacré au moins cinq minutes à la rédiger. Mais, bizarrement, les mots ne pénétraient pas dans son cœur. Et il resta toujours aussi insolent à l’école.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Un autre jour, le petit prince décida d’aller voir dans l’aile Ouest du royaume. Il arriva avec son méga-pistolet laser ultra-bruyant, se posta derrière la porte, et fit « blip, blip, blip », « zigou, zigou, zigou », « schlak, schlak ! ». Derrière la porte, c’était l’affolement général :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Que se passe-t-il ? Une attaque aérienne ? Les terroristes, vite ! Alerte rouge !</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Et quand ils enfoncèrent la porte, ils trouvèrent un petit garçon avec un pistolet.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Voilà, le terroriste ! hurla le roi très occupé. Attrapez-le ! Neutralisez-le.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Pas du tout, je suis votre fils de six ans, dit le prince. Et je viens vous voir pour un fait de la plus haute importance. Je veux faire un flipper avec vous.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le roi, qui était très occupé, mais néanmoins futé, pensa qu’il avait passé toute sa vie dans l’aile Ouest du royaume, jusqu’à ne voir son fils depuis six ans que dix minutes par jour, et encore dans l’obscurité du matin qui n’était pas levé et du soir déjà tombé. Et voilà qu’il avait confondu le petit prince avec un terroriste ! Il se leva et dit à ses ministres :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— La réunion est levée. Une affaire de toute urgence m’appelle auprès de mon fils, veuillez m’excuser.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Et il partit faire un flipper endiablé au café d’en face.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">C’est ainsi que, grâce à la fausse attaque terroriste, il y eut régulièrement des parties de flipper, des promenades et des discussions entre père et fils. Les affaires du royaume, ma foi, ne s’en portèrent pas plus mal.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le jour arriva où, quand son fils eut vingt ans, le vieux roi, tout blanchi et avachi, partit de l’aile Ouest pour l’aile Est, qui était faite pour le repos.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Ce fut au petit prince de gagner l’aile Ouest, tout guilleret, et de devenir le roi Très Occupé Junior.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:200%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le vieux roi, dans sa chambre, regardait avec nostalgie les papiers et les dossiers du royaume, et il les compulsait souvent, en regrettant le temps où il avait été jeune et puissant.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Souvent, il allait traîner près de l’aile Ouest, où le jeune roi très occupé travaillait aux affaires du royaume.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Mais on lui disait :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Chut ! Le roi Junior travaille !</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Alors, il collait son oreille à la porte, il entendait des froissements de papier, des bip bip, et une voix dans le lointain parler au téléphone. Et dire : « Allô Moscou ? Ici Paris », ou peut-être l’inverse.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Alors, le vieux roi tout blanchi aux os cassants s’asseyait sur un petit banc dans le couloir, et il attendait.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Une fois par jour, le jeune roi très occupé sortait de l’aile Ouest pour faire une partie de flipper avec son vieux papa.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Quand je dis flipper&#8230; C’était peut-être tout simplement une partie d’échecs, une petite conversation, un tour dans le jardin pour tailler les rosiers et autres choses de la plus haute importance.</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Pendant les promenades, le vieux roi ne cessait de rappeler, en dodelinant du chef, cette fameuse attaque terroriste, une matinée de novembre. Et il ne cessait de répéter (car il était vraiment devenu vieux) :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Ah, comme tu as eu raison ! Et comme nous sommes bêtes, nous, les vieux rois très occupés, qui pensons que, si nous ne travaillons pas vinqt-quatre heures sur vinqt-quatre, et même plus, aux affaires du royaume, celui-ci va disparaître, et nous avec !</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Et souvent, il regardait les cheveux de son fils avec admiration :</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">— Comme tu as de beaux cheveux noirs ! Comme tu as des yeux brillants ! Comme tu es un bon roi !</span></p>
<p style="text-align:justify;text-indent:1cm;line-height:180%;"><span style="font-size:11pt;line-height:180%;">Le vieux roi aux cheveux tout blancs et aux os cassants soupirait en pensant à son pouvoir passé. Mais ça n’était pas un soupir triste ; car il était très fier de son fils, qui allait continuer après lui. Et tous les deux souriaient en silence en regardant le soleil se coucher sur le royaume.</span></p>
<br /><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/categories/chemfaisant.wordpress.com/3/" /> <img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/tags/chemfaisant.wordpress.com/3/" /> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/chemfaisant.wordpress.com/3/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/chemfaisant.wordpress.com/3/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=chemfaisant.wordpress.com&amp;blog=1323835&amp;post=3&amp;subd=chemfaisant&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://chemfaisant.wordpress.com/2007/07/04/chut-le-roi-est-occupe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
	
		<media:content url="http://0.gravatar.com/avatar/e3dc18edd2e14c91f4c8edf47e617600?s=96&#38;d=identicon" medium="image">
			<media:title type="html">chemfaisant</media:title>
		</media:content>
	</item>
	</channel>
</rss>
